Bill Gates estime qu’il devrait payer plus d’impôt

Bill Gates: «J’ai payé davantage d’impôt que quiconque, plus de dix milliards de dollars, mais le gouvernement devrait exiger des personnes dans ma position des impôts bien supérieurs.»
Photo: Justin Tallis Agence France-Presse Bill Gates: «J’ai payé davantage d’impôt que quiconque, plus de dix milliards de dollars, mais le gouvernement devrait exiger des personnes dans ma position des impôts bien supérieurs.»

Washington — Le milliardaire américain Bill Gates estime qu’il devrait, ainsi que tous les richissimes contribuables aux États-Unis, payer davantage d’impôt, en qualifiant la réforme fiscale du président Donald Trump de « régressive ».

« Je devrais payer davantage d’impôt, a affirmé M. Gates sur CNN. J’ai payé davantage d’impôt que quiconque, plus de dix milliards de dollars, mais le gouvernement devrait exiger des personnes dans ma position des impôts bien supérieurs. »

L’avoir du cofondateur de Microsoft, deuxième fortune du monde après le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, est estimé à plus de 90 milliards, dont il a orienté une grande partie vers des causes humanitaires et la recherche médicale

Par ailleurs, il n’a pas mâché ses mots envers la réforme fiscale de M. Trump, adoptée fin décembre par le Congrès — aux mains des républicains — et qui a octroyé d’importantes réductions aux entreprises. Leur taux d’imposition est ainsi passé de 35 % à 21 %, et les multinationales peuvent temporairement rapatrier aux États-Unis leurs bénéfices réalisés à l’étranger à des taux variant entre 8 % et 15,5 %.

Avant la réforme, ces bénéfices échappaient totalement à l’impôt tant qu’ils restaient « parqués » à l’étranger et se retrouvaient imposés à 35 % s’ils étaient « rapatriés » aux États-Unis.

« Ce n’est pas une loi fiscale progressiste. C’est une loi fiscale régressive », a considéré M. Gates, arguant que les avantages seraient ressentis par les super-riches contrairement aux affirmations des républicains, pour qui cette réforme vise à profiter aux travailleurs et à la classe moyenne.

« Les gens les plus riches tendent à avoir obtenu des avantages bien supérieurs à ceux de la classe moyenne ou des pauvres, donc c’est contraire à la tendance générale que l’on préfère voir avec des filets de sécurité renforcés et ceux qui sont au sommet qui paient des impôts plus importants », a commenté le milliardaire.