Agropur affiche des résultats records

L’incertitude qui plane sur la protection de la gestion de l’offre canadienne dans le secteur laitier inquiète le géant de la transformation laitière.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’incertitude qui plane sur la protection de la gestion de l’offre canadienne dans le secteur laitier inquiète le géant de la transformation laitière.

Agropur a réalisé une année record en 2017 et se lance dans le financement de l’innovation spécialisée avec la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

La direction de la coopérative laitière avait d’excellentes nouvelles pour ses membres réunis en assemblée générale, mercredi à Montréal, alors qu’elle a présenté des résultats faisant état d’un excédent d’exploitation de 444,1 millions pour l’exercice prenant fin le 1er novembre 2017, soit une augmentation de 7,9 % par rapport à l’année précédente. Les membres avaient de quoi se réjouir, puisque cela s’est traduit par le versement d’une ristourne de 65,2 millions, en hausse de 8,5 % par rapport à l’exercice 2016.

Le tout découle d’un chiffre d’affaires de 6,4 milliards durant l’année, une augmentation de 7,7 % par rapport à l’année précédente.

65,2 millions
C’est le montant de la ristourne versée aux membres de la coopérative en 2017.

Agropur, qui a connu une forte croissance au cours des dernières années, a conclu durant l’exercice les acquisitions d’Aliments Ultima et des actifs de produits glacés de Scotsburn Cooperative Services. Son chef de la direction, Robert Coallier, a confié que l’on n’écartait pas la possibilité de nouvelles acquisitions dans le futur.

Les dirigeants de la coopérative ont par ailleurs profité de l’occasion pour annoncer un partenariat avec la Caisse de dépôt et placement du Québec pour la création de ce qu’ils ont qualifié de « plateforme de co-investissement » pour les entreprises innovantes dans le domaine. Il s’agit en fait d’un fonds d’investissement de 40 millions, financé à parts égales par Agropur et la Caisse, destiné aux entreprises évoluant dans les nouvelles technologies à toutes les étapes de l’industrie, de la production à l’emballage et à la mise en marché en passant par la transformation.

« On retrouve dans cette association le meilleur de deux mondes, c’est-à-dire une connaissance très approfondie du secteur laitier à travers Agropur et une connaissance très approfondie du secteur financier et de l’investissement à travers la Caisse de dépôt et placement du Québec », a dit M. Coallier.

« Assez, c’est assez »

L’incertitude qui plane sur la protection de la gestion de l’offre canadienne dans le secteur laitier inquiète le géant de la transformation laitière.

Notant que le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est toujours en discussion, le président d’Agropur, René Moreau, a reconnu qu’il « subsiste encore beaucoup d’incertitude à ce stade-ci. Notre gouvernement doit protéger plus que jamais le système de gestion de l’offre canadien et défendre notre industrie », a-t-il insisté, soulignant que les concessions qui ont cédé 2 % du marché du fromage aux Européens et l’octroi de 3,25 % supplémentaires avec le Partenariat transpacifique (PTP) étaient une limite à ne plus franchir.

« Nous, on a assez contribué. Assez, c’est assez, dans les concessions », a déclaré M. Moreau devant la presse. Il a de plus fait valoir que les 3,25 % octroyés dans le PTP étaient destinés aux États-Unis, qui se sont retirés de cet accord à la suite de l’élection de Donald Trump.

Réclamant une intransigeance absolue face aux États-Unis en matière de gestion de l’offre dans la renégociation de l’ALENA, René Moreau a laissé tomber que « si les États-Unis veulent avoir 3,25 %, ils n’ont qu’à rejoindre le PTP ».

« Les négociateurs canadiens ont dit que [la part de 3,25 % du PTP] était la dernière concession que l’on ferait. […] On espère que ça va être vrai », a-t-il souhaité.