Les producteurs canadiens de cannabis reculent une fois de plus en Bourse

Aurora Cannabis, qui possède un complexe de production à Pointe-Claire, a reculé de 17% à 8,50$.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Aurora Cannabis, qui possède un complexe de production à Pointe-Claire, a reculé de 17% à 8,50$.

Les sociétés de cannabis médical ont vécu une nouvelle descente vendredi, plusieurs producteurs de renom voyant leur titre perdre plus de 10 % de valeur dans un contexte où certains n’hésitent pas à parler d’un marché surévalué. La baisse s’inscrit également dans un recul généralisé des indices boursiers.

La chute des actions de cannabis, qui fait suite à quelques semaines d’hésitation après une année 2017 spectaculaire, donne de nouvelles munitions aux analystes convaincus d’observer une ascension injustifiée.

Un des plus gros joueurs, Canopy Growth, qui veut convertir les Serres Bertrand, a vu son titre perdre 12,5 % à 24,11 $, un déclin qui a fait tomber sa valeur boursière à 4,63 milliards. Aurora Cannabis, qui possède un complexe de production à Pointe-Claire, a reculé de 17 % à 8,50 $.

L’an dernier, l’action de Canopy, par exemple, est passée d’environ 9 $ à 30 $, une trajectoire suivie par plusieurs autres producteurs qui, souvent, ne génèrent pas de profits en raison des investissements qu’ils doivent faire. Depuis le 10 janvier, l’action est passée de 42 $ à 24 $.

« C’est encore un peu surévalué. C’est allé trop haut, trop vite », a dit vendredi Rob Tétrault, premier vice-président et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale, à Winnipeg. « Quand on vous parle d’investissements potentiels dans la rue, dans des cocktails, lors de réunions de famille, ça veut dire qu’on est dans l’euphorie. Ça ne repose pas sur des facteurs fondamentaux. »

La journée a commencé par une annonce d’Aphria, un autre des gros joueurs de l’industrie canadienne, qui a décidé de vendre ses actifs américains pour répondre aux récentes préoccupations des autorités réglementaires canadiennes.

Le 16 octobre 2017, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), qui regroupent les régulateurs provinciaux, ont servi une mise en garde et souligné que les sociétés d’ici « qui exercent des activités liées à la marijuana aux États-Unis s’exposent à certains risques en raison du conflit entre les lois étatiques et fédérales en la matière ».

« La législation fédérale relative à la marijuana pourrait être appliquée à tout moment, auquel cas ces émetteurs risquent de faire l’objet de poursuites ou de voir leurs actifs saisis », avaient ajouté les ACVM, dont la présidence rotative est présentement occupée par le patron de l’Autorité des marchés financiers du Québec, Louis Morrisset.

Aphria a donc conclu une entente avec la société Liberty Health Sciences afin de lui vendre, pour 20 millions, sa participation dans Copperstate Farms. Celle-ci produit du cannabis médical en Arizona.

« La vente de Copperstate représente une étape importante dans nos efforts de collaboration avec la Bourse de Toronto et les ACVM concernant la vente de nos investissements aux États-Unis », a dit le chef de la direction d’Aphria, Vic Neufeld.