Le Canada s’est montré trop généreux avec le nouveau PTP, croit Saputo

Lino Saputo fils devant les actionnaires, en 2017. Le p.d.-g. espère qu’Ottawa ne répétera pas l’erreur commise avec l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Lino Saputo fils devant les actionnaires, en 2017. Le p.d.-g. espère qu’Ottawa ne répétera pas l’erreur commise avec l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne.

Le gouvernement Trudeau s’est montré trop généreux dans le cadre des négociations ayant mené à une version amendée du Partenariat transpacifique (PTP), estime le président et chef de la direction de Saputo, Lino Saputo fils.

Celui-ci s’étonne qu’Ottawa ait consenti un accès de 3,25 % de son secteur laitier aux 10 autres pays concernés alors que les États-Unis ne font pas partie de ce traité de libre-échange qui doit être paraphé en mars. « Mon opinion, c’est que le Canada a trop donné, a-t-il dit jeudi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre. Je ne suis pas à la table des négociations, alors je n’ai rien influencé. »

Dans le cadre du Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), le Canada offrira également un accès de 2,3 % de son marché des oeufs et de 2,1 % de celui du poulet — comme prévu dans le PTP. À l’instar de l’industrie agricole, M. Saputo estime que cet accès viendra accroître la pression sur les prix des produits laitiers, ce qui aura une incidence négative sur les producteurs et transformateurs.

Il espère qu’Ottawa ne répétera pas l’erreur commise avec l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, lorsque les licences d’importations ont été octroyées en parts égales entre les fabricants et les détaillants. « Selon moi, si l’on donne un accès aux 10 autres pays membres, les joueurs de l’industrie au Canada devraient avoir leur mot à dire en obtenant les licences pour contrôler les produits [importés] », a-t-il expliqué.

En ce qui a trait à la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain entre Ottawa, Washington et Mexico, il est difficile de prévoir s’il y aura des changements, a estimé M. Saputo.

Les profits bondissent

Quant à sa performance trimestrielle, Saputo a vu ses profits bondir en comptabilisant une économie d’impôt d’environ 179 millions découlant de la réforme fiscale aux États-Unis. Pour la période de trois mois terminée le 31 décembre, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 337 millions, ou 86 ¢ par action, en hausse de 70,7 % par rapport au troisième trimestre de l’exercice 2016. De leur côté, les revenus ont totalisé 3 milliards, en hausse de 1,9 % comparativement à il y a un an. Abstraction faite des éléments non récurrents, Saputo a toutefois vu son bénéfice ajusté fléchir de 7,1 %, à 183,2 millions, ou 47 ¢ par action.

M. Saputo n’a pas caché que les conditions de marché étaient plus difficiles aux États-Unis, où le bénéfice d’exploitation ajusté de la société a plongé de 23 %, à environ 154 millions. « Il y aura encore des défis à surmonter sur le marché américain, car il y a plus de lait par rapport à ce qui peut être consommé », a-t-il fait remarquer aux analystes financiers.