Richard Garneau prend sa retraite de Résolu

Richard Garneau a salué la «position ferme» de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dans le conflit du bois d’oeuvre.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Richard Garneau a salué la «position ferme» de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dans le conflit du bois d’oeuvre.

Au cours de ses sept années à la tête de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau estime avoir contribué à ce que les revendications des producteurs de l’est du pays soient davantage prises en compte par Ottawa.

À sa dernière journée en poste avant de partir à la retraite, celui-ci a estimé jeudi que les voix du Québec et de l’Ontario prenaient plus de place dans le conflit canado-américain sur le bois d’oeuvre qui fait rage. « Ces deux provinces ont été très touchées par la dernière dispute et elles ont depuis apporté d’importantes modifications à leurs régimes forestiers », a expliqué M. Garneau au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. « Cela a changé dans le conflit actuel. »

Reconnu pour ne pas avoir la langue dans sa poche, le dirigeant de 70 ans s’est souvent exprimé sur la place publique pour défendre les intérêts de producteurs qui, parfois, divergeaient de ceux établis à l’autre bout du pays. Dès vendredi, le flambeau aura été passé à l’actuel vice-président aux produits du bois, à l’approvisionnement et aux technologies de l’information, Yves Laflamme.

M. Garneau a également salué la « position ferme » de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dans le conflit du bois d’oeuvre et la décision d’Ottawa de contester la stratégie de Washington à l’Organisation mondiale du commerce. Si les taxes frontalières sont actuellement refilées aux consommateurs américains en vertu de la hausse des prix du bois, le portrait pourrait rapidement changer advenant un recul des mises en chantier aux États-Unis.

Au cours de ses sept années aux commandes de l’entreprise autrefois connue sous le nom d’AbitibiBowater, M. Garneau a procédé à plusieurs restructurations, ce qui s’est soldé par de nombreuses fermetures d’usines. Néanmoins, il estime que son successeur hérite d’une entreprise aux assises solides. « Les conditions étaient certainement plus favorables dans les années 1980, 1990 et 2000, a concédé M. Garneau. Mais il y a de la croissance dans presque tous nos secteurs et nous avons bien géré la décroissance dans le papier. »

Il a assuré que les litiges commerciaux entre le Canada et les États-Unis sur le papier surcalandré et le papier journal — qui s’ajoutent à la dispute sur le bois d’oeuvre — n’ont pas précipité son départ. « À 70 ans, il faut commencer à penser à l’avenir. J’ai commencé à discuter du dossier l’été dernier avec le conseil d’administration, qui a pris le dossier en main. » Pour sa part, M. Laflamme, âgé de 61 ans, n’entrevoit pas de changements importants à court ou moyen terme, même si trois des quatre divisions de Résolu sont au coeur de litiges commerciaux.

Au quatrième trimestre, Résolu a déçu malgré un bénéfice net de 13 millions, ou 14 ¢ par action, comparativement à une perte nette de 45 millions, ou 50 ¢ par action, il y a un an. Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté s’est établi à 14 millions, ou 15 ¢ par action, par rapport à 7 millions, ou 8 ¢ par action, au quatrième trimestre en 2017. Le chiffre d’affaires a été de 898 millions, en hausse de 9 millions.

Pour l’exercice, la perte nette de Résolu s’est chiffrée à 84 millions, ou 93 ¢ par action, alors qu’elle était de 81 millions, ou 90 ¢ par action, il y a un an. Les ventes ont reculé de 1 %, à 3,51 milliards.