Un REER écoresponsable

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Photo: Fondaction

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Pourquoi investir son épargne dans un REER offert par Fondaction de la CSN ? Il y a évidemment les déductions et crédits d’impôt consentis par les deux ordres de gouvernement qui sont plus généreux pour les REER des fonds de travailleurs que pour les REER traditionnels. Et pour l’épargnant soucieux d’environnement et de développement durable, il est réconfortant de savoir que le développement durable est au coeur de la stratégie d’investissement de Fondaction, et ce, depuis sa création en 1996.

Pour s’en convaincre, on n’a qu’à jeter un coup d’oeil sur les entreprises québécoises dans lesquelles Fondaction a investi. On constate alors rapidement qu’un fort pourcentage d’entre elles est constitué soit de coopératives ou d’entreprises d’économie sociale, soit d’entreprises privées qui oeuvrent dans des secteurs liés à l’environnement et au développement durable ou qui ont des pratiques respectueuses en la matière. De plus, si l’aspect financier d’un investissement ou d’un placement demeure, la stratégie financière de Fondaction est assujettie aux critères ESG (environnement, social et gouvernance) ainsi qu’aux exigences des PRI (principles for responsible investment), dont Fondaction est signataire.

« On n’a qu’à donner comme exemple nos sous-secteurs d’investissement, rappelle Léopold Beaulieu, président et directeur général de Fondaction. Nous sommes présents dans l’électrification des transports, dans le bioraffinage, dans l’énergie éolienne, dans la valorisation de la biomasse, pour ne nommer que ceux-là. De plus, depuis quelques années, l’angle des changements climatiques prend de l’importance dans notre stratégie d’investissement. »

À preuve, la création, l’an dernier, en partenariat avec Coop Carbone, du Fonds Inlandsis. Ce fonds d’investissement, doté d’un actif de 20 millions de dollars, est entièrement consacré au financement de projet de réduction de GES. « La beauté du Fonds Inlandsis, souligne Léopold Beaulieu, est que le remboursement de l’investissement ne se fait pas en argent, mais plutôt en crédits carbone. Ces crédits carbone sont ensuite revendus au Québec, ce qui vient renforcer le marché du carbone québécois. »

Obligations vertes

La loi sur les fonds de travailleurs stipule que ces derniers doivent investir directement dans des entreprises au moins 65 % de l’actif total du fonds, le 35 % restant pouvant être placé dans les marchés traditionnels, tels le marché boursier, le marché obligataire et le marché monétaire. Conformément à son engagement à soutenir le développement durable, Fondaction a récemment fait l’acquisition d’obligations vertes.

Tout comme les obligations traditionnelles, les obligations vertes sont émises par les gouvernements, les organismes gouvernementaux et les entreprises privées. Mais contrairement à elles, les émetteurs d’obligations vertes doivent spécifier dans le contrat de souscription l’usage qui sera fait de l’argent ainsi emprunté. À titre d’exemple, les obligations vertes émises par le gouvernement du Québec peuvent financer des projets uniquement dans les secteurs suivants : transport public, efficacité énergétique, énergies renouvelables, gestion durable des déchets, aménagement durable du territoire, gestion de l’eau et assainissement des eaux, gestion forestière, agricole et des terres et, finalement, adaptation au climat et résilience.

« Nous avons confié l’achat des obligations vertes à deux gestionnaires de portefeuille obligataire, l’un est Québécois, l’autre sur le marché international, explique Léopold Beaulieu. Ces deux gestionnaires font un suivi des obligations vertes de sorte à s’assurer que celles-ci soient toujours conformes au contrat de souscription. Avec l’achat de près de 70 millions de dollars en obligations vertes, elles constituent aujourd’hui la part du lion de notre portefeuille obligataire. »

Un projet d’investissement concret

La société en commandite Biomont est un bon exemple du type d’entreprise dans laquelle investit Fondaction. Il s’agit d’une usine de cogénération d’énergie située au Complexe environnemental Saint-Michel. Biomont utilise le méthane qui s’échappe de l’ancien site d’enfouissement comme combustible pour alimenter trois génératrices produisant 4,8 MW d’électricité, soit l’équivalent de la consommation en électricité d’environ 2000 foyers. L’électricité ainsi produite est vendue à Hydro-Québec. De plus, un système de récupération de la chaleur produite par les génératrices sert à alimenter le système de chauffage à eau chaude du siège social du Cirque du Soleil et de la Tohu. La société Biomont compte aussi deux autres investisseurs, soit Éolectric Capital, le fonds d’investissement de la compagnie québécoise Éolectric, qui oeuvre dans le domaine de l’énergie éolienne, et Valeco Énergie Québec, une entreprise française oeuvrant dans les énergies renouvelables, dont Biomont est le premier projet en sol nord-américain.

Quelques chiffres sur Fondaction

Aujourd’hui, Fondaction a sous gestion un actif net de 1,8 milliard de dollars, soit une augmentation de 5,9 % par rapport au 31 mai 2017. De cet actif total, 1,2 milliard de dollars sont directement investis dans des entreprises québécoises ou des fonds spécialisés. Fondaction compte à ce jour 138 000 actionnaires et est présent dans 2400 lieux de travail, ce qui permet de cotiser à un REER de Fondaction par l’intermédiaire d’un prélèvement régulier sur le salaire.

La valeur de l’action de Fondaction s’établit aujourd’hui à 11,58 $. Le taux de rendement à l’actionnaire pour les 12 derniers mois est de 8,1 %. « Il s’agit du taux de rendement effectif, tient à préciser Léopold Beaulieu. Ce taux de 8,1 % ne tient pas compte des déductions REER et des crédits d’impôt dont bénéficie l’actionnaire de Fondaction. »