Importante cyberattaque sur la cryptomonnaie au Japon

La cyberattaque intervient après que de nombreuses voix se furent élevées depuis le Forum économique international de Davos pour demander une sécurisation et une régulation des cryptomonnaies.
Photo: iStock La cyberattaque intervient après que de nombreuses voix se furent élevées depuis le Forum économique international de Davos pour demander une sécurisation et une régulation des cryptomonnaies.

Tokyo — Le régulateur financier japonais a annoncé lundi qu'il passerait en revue si nécessaire toutes les plateformes d'échange de cryptomonnaies et a ordonné à Coincheck de prendre des mesures après l'un des plus importants vols jamais perpétrés sur ce marché.

La Financial Services Agency (FSA) a exigé que Coincheck, plateforme basée à Tokyo, améliore son fonctionnement après qu'elle eut suspendu vendredi ses transactions sur toutes les cryptomonnaies, bitcoins exceptés, à l'issue d'une cyberattaque. Coincheck a annoncé dimanche qu'elle allait rembourser à ses clients près de 90 % des 58 milliards de yens (650 millions de dollars canadiens) des pièces de cryptomonnaie NEM qui se sont volatilisés.

Elle assure qu’elle utilisera son propre capital pour rembourser les 260 000 clients qui ont perdu leurs fonds et s'est confondue en excuses auprès d'eux.

Corriger les failles

La FSA ajoute qu'elle a ordonné à Coincheck de lui présenter d'ici au 13 février un rapport sur l'incident et des mesures pour corriger les failles. Si nécessaire, le régulateur inspectera d'autres plateformes, a dit un responsable.

La FSA a enregistré 16 plateformes d'échange de cryptomonnaies jusqu'à présent et 16 autres attendent un feu vert. Coincheck a présenté sa propre demande en septembre.

La Fondation NEM, basée à Singapour, a annoncé avoir un système de traçabilité sur la chaîne de blocs NEM et disposer d'un compte rendu complet de tous les NEM perdus sur Coincheck. Elle a ajouté que les pirates n'avaient transféré aucun fonds sur d'autres plateformes d'échange ou sur des comptes personnels, mais qu'elle n'avait aucun moyen de restituer les fonds volés à leurs propriétaires, ajoute l’agence Reuters.

Sécurisation et régulation

Ce casse intervient après que de nombreuses voix se furent élevées depuis le Forum économique international de Davos pour demander une sécurisation et une régulation des cryptomonnaies.

De fait, beaucoup de pays ont pris des mesures de rétorsion contre les plateformes d'échange, mais le Japon a opté pour une autre politique, devenant l'an dernier le premier pays à introduire une réglementation nationale de ces plateformes, une initiative saluée par de nombreux intervenants.

Ce n'est pas le premier casse virtuel, mais il atteint des niveaux records. En 2014, la société Mt. Gox, dont le siège était à Tokyo et qui naguère gérait 80 % des échanges mondiaux de bitcoins, avait fait faillite après avoir perdu un demi-milliard de dollars américains de bitcoins.

Plus récemment, la plateforme d'échanges électroniques sud-coréenne Youbit a dû fermer ses portes en décembre, ayant fait faillite après avoir été victime de deux cyberattaques en 2017.