Le Québec atteint le plein-emploi

La province comptait quelque 90 000 postes vacants à pourvoir à la fin du troisième trimestre de 2017.
Photo: Savas Keskiner Getty Images La province comptait quelque 90 000 postes vacants à pourvoir à la fin du troisième trimestre de 2017.

Le marché du travail n’a jamais été aussi solide au Québec. Avec l’atteinte du plein-emploi, le problème de la pénurie de main-d’oeuvre s’en trouve exacerbé. L’institut du Québec (IdQ) publiait lundi son bilan 2017 de l’emploi au Québec. « Champion de la création d’emplois en 2016 (90 500), le Québec cède sa place à l’Ontario en 2017 (176 000), conservant le 2e rang (87 000), tout juste devant la Colombie-Britannique (83 000) », résume l’Institut.

Selon la moyenne mobile sur 12 mois, le gain net au Québec l’an dernier atteint les 89 300 emplois.

« Pour la première fois en dix ans, le Québec connaît trois années consécutives de création d’emplois. Avec 177 500 emplois (dont 165 200 à temps plein) de plus depuis la fin de 2015, nous profitons d’une période de création d’emplois quasi record », peut-on lire dans le communiqué. Cette performance a ramené le taux de chômage au Québec à 4,9 % à la fin de décembre.

Il ressort du bilan que si la grande majorité des emplois ont été pourvus dans le secteur privé en 2016, la création l’année suivante est répartie entre le privé (34 700), le public (30 200) et le travail autonome (21 900). Et que la majorité des emplois créés étaient à temps plein pour une quatrième année de suite, ce qui a surpris l’IdQ.

« Cette faible création d’emplois à temps partiel observée depuis 2014 est un peu surprenante : le vieillissement de la population et la montée en importance du travail atypique pourraient accélérer le travail à temps partiel au cours des prochaines années. »

Au chapitre du sans-emploi, le nombre de chômeurs a chuté de 25 % l’an dernier, de 294 000 à 222 000. L’Institut rappelle qu’on dénombrait 377 000 chômeurs au sortir de la grande récession de 2007-2008. « Le marché de l’emploi est en pleine mutation, le plein-emploi semble être atteint et les pénuries de main-d’oeuvre sectorielles ne sont plus qu’anecdotiques », a souligné Mia Homsy, directrice de l’IdQ.

Ainsi, le Québec comptait quelque 90 000 postes vacants à pourvoir à la fin du troisième trimestre de 2017. « Cette hausse significative exacerbe le défi de trouver la main-d’oeuvre nécessaire pour pourvoir ces postes alors que le taux de chômage au Québec atteint un creux historique. »

Aussi, plus que jamais le Québec est orienté vers une économie de services. « Le rythme de croissance de l’emploi dans le secteur des services se maintient depuis les dernières années », avec des gains les plus importants sur dix ans mesurés dans les soins de santé et les services professionnels. En revanche, « depuis dix ans, la production de biens est maintenant au neutre. Il n’en demeure pas moins que la fabrication et l’agriculture sont en nette baisse, ce qui pourrait être irréversible, même à plus long terme », souligne l’IdQ.

D’autres mesures dans les prochains mois, dit Anglade

Un an après le Rendez-vous national sur la main-d’oeuvre, la vice-première ministre Dominique Anglade se fait rassurante : des mesures seront prises « dans les prochains mois » pour répondre aux défis. Le Conseil du patronat, entre autres, s’est dit inquiet des problèmes de disponibilité de la main-d’oeuvre, de la formation et de l’adaptation des travailleurs. Il avait même dévoilé un sondage à ce sujet, qui démontrait que 70 % des employeurs disaient éprouver des difficultés lors du recrutement de main-d’oeuvre, notamment pour des postes moins qualifiés.

Au cours d’une allocution devant le Cercle canadien de Montréal lundi, la ministre a admis que toutes les entreprises qu’elle rencontre lui en parlent. « L’enjeu de la main-d’oeuvre est vraiment — si j’avais à choisir dans l’ensemble des défis qui nous guettent —, celui-là est probablement le plus important, étant donné le vieillissement de la population qu’on connaît », a-t-elle ajouté. Interrogée à ce sujet après son allocution, elle a rappelé que des mesures avaient déjà été prises par le ministère de l’Immigration pour voir à mieux intégrer les travailleurs d’origine immigrante, et que d’autres mesures seraient prises prochainement.
La Presse canadienne
2 commentaires
  • Philippe Hébert - Abonné 30 janvier 2018 07 h 39

    De beaux chiffres rédacté pour le PLQ.

    La pauvreté est omniprésente à Montréal et se voit partout. Ne me faites pas rire avec le plein d'emploi...

    222 000 chômeurs l'an dernier et 90 000 emploi à combler en ce moment?

    On a certainement pas créé 312 000 emplois.

    On a créé des "emplois" qui sont vacants à Montréal, c'est ça qu'on a fait. On donne des subventions aux grandes multinationales des technologies de l'information pour qu'elles s'installent à Montréal, ces multinationales "crées" des emploi, ils ont des postes à combler, mais n'arrivent pas à les combler, car nous n'avons pas la main d'oeuvre.

    On finit avec une surenchère des salaires pour le peu de main-d'oeuvre qualifiée qu'on a, et ça finit que les petites PME dans le domaines ferment car elles n'ont pas les subventions juteuses que nos gouvernements cons donnent aux multinationales.

    Mais bon, c'est beaucoup plus glamour dire qu'on a attiré Google à Montréal, que de dire qu'on a investi dans des compagnies québécoises qui sont établies ici depuis belle lurettes!

  • Pierre Robineault - Abonné 30 janvier 2018 12 h 03

    Grand étonnement

    Ce qui m'étonne davantage, monsieur Bérubé, est que vous ayez finalement accepté de signer votre propre chronique.
    J'ose même vous demander qui vous a prié ou commandé de l'écrire telle quelle?
    Vous me rendez très perplexe et vous m'encourager à réfléchir davantage à ce qui peut-être, sans le sohaiter, se trame dans la direction du Devoir, depuis quelque temps.
    Vous qui aviez l'habitude de vous montrer si pertinent et crédible ...