Voitures autonomes: il y a urgence d’agir, selon un comité du Sénat

Tesla a commercialisé au Canada des modèles de voitures dotées de programmes pouvant permettre une conduite quasi autonome.
Photo: Spencer Platt / Getty Images / Agence France-Presse Tesla a commercialisé au Canada des modèles de voitures dotées de programmes pouvant permettre une conduite quasi autonome.

Les véhicules autonomes risquent de prendre les gouvernements de court comme l’a fait Uber s’ils ne se préparent pas dès maintenant à légiférer, prévient un comité du Sénat dans un rapport dévoilé lundi.

Il y a urgence d’agir pour assurer la sécurité des Canadiens, selon le comité sénatorial permanent des transports et des communications, qui anticipe que ce type de véhicules sans conducteur sera sur les routes dans 10 ou 15 ans.

« Les nouveaux joueurs nous annoncent ce qu’ils font le lendemain d’être sur la route », a affirmé le sénateur Dennis Dawson en faisait référence aux géants comme Google, Facebook et Tesla.

« Le gouvernement doit être proactif. On ne peut plus attendre que les automobiles et les camions, en particulier pour Tesla, soient sur la route pour commencer à les contrôler », a-t-il poursuivi.

Pour le meilleur ou pour le pire

Bien qu’elle puisse apparaître pour plusieurs comme étant tirée d’un film de science-fiction, le comité estime que cette nouvelle technologie révolutionnera rapidement le quotidien des Canadiens, pour le meilleur ou pour le pire.

Le gouvernement doit être proactif. On ne peut plus attendre que les automobiles et les camions, en particulier pour Tesla, soient sur la route pour commencer à les contrôler.

 

Les véhicules autonomes pourraient réduire les risques d’accidents de la route et permettre aux personnes âgées et à mobilité réduite de se déplacer plus facilement, mais ils pourraient également être la proie de cyberattaques.

« Ces véhicules sont en fin de compte des ordinateurs ambulants qui pourraient être très vulnérables aux pirates informatiques ayant une certaine habileté à les contrôler à distance », a expliqué le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

« Nous avons appris en comité que des pirates informatiques ont déjà réussi à prendre le contrôle d’une Jeep en mouvement, allant jusqu’à stopper le moteur », a-t-il raconté.

Encadrement

Les approches pour encadrer cette technologie émergente varient d’une province à l’autre et même d’un ministère à l’autre à l’intérieur du gouvernement fédéral. Le ministère des Transports a le pied sur le frein, tandis que le ministère responsable de l’Innovation a le pied sur l’accélérateur, a imagé la sénatrice Patricia Bovey.

Nous avons appris en comité que des pirates informatiques ont déjà réussi à prendre le contrôle d’une Jeep en mouvement, allant jusqu’à stopper le moteur.

 

Les sénateurs invitent ces deux ministères à collaborer pour trouver la bonne façon d’encadrer cette nouvelle technologie pour en maximiser ses bénéfices et réduire les risques. Ils pressent également les gouvernements fédéral et provinciaux de développer une stratégie nationale.

Le rapport commandé par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, contient en tout 16 recommandations. Dans une déclaration commune avec le ministre de l’Innovation, Navdeep Bains, M. Garneau indique que le gouvernement présentera un plan d’action dans les mois à venir.

Ce rapport alimentera les discussions des ministres des Transports fédéral et provinciaux réunis à Ottawa lundi.

1 commentaire
  • Louis-Philippe Tessier - Abonné 30 janvier 2018 08 h 34

    Pirates?

    Le sénateur Boivenu n'a eu droit qu'à un simple contre-rendu de "l'attaque sur une Jeep". Ce sont des chercheurs en sécurité informatique qui ont dépensé beaucoup de temps et d'argent en recherche. Pour l'histoire complète :

    https://www.wired.com/2015/07/hackers-remotely-kill-jeep-highway/