Hydro-Québec remporte le contrat du Massachusetts

La société d’État comptait beaucoup sur cet appel d’offres pour accroître ses revenus et atteindre son objectif de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030. 
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La société d’État comptait beaucoup sur cet appel d’offres pour accroître ses revenus et atteindre son objectif de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030. 

Hydro-Québec vient de remporter le plus important contrat d’approvisionnement à long terme de son histoire. Le Massachusetts a annoncé jeudi que le projet Northern Pass, piloté par la société d’État québécoise et son partenaire américain Eversource, a été retenu pour alimenter l’État américain en électricité pour les 20 prochaines années.

L’acceptation du projet d’Hydro-Québec est conditionnelle à la signature finale du contrat, mais si tout se déroule comme prévu, Hydro-Québec pourra exporter entre 8,5 et 9,4 TWh (térawattheures) d’électricité par année sur le marché américain. On devrait connaître les paramètres financiers du contrat et l’ampleur des revenus potentiels au terme de la période de négociation, à la fin de mars.

La société d’État comptait beaucoup sur cet appel d’offres pour accroître ses revenus et atteindre son objectif de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030. Elle remporte ainsi une victoire importante après avoir subi un revers à l’automne 2016, lorsqu’un appel d’offres de trois États de la Nouvelle-Angleterre lui avait glissé entre les doigts.

« Nous sommes ravis et fiers d’avoir été sélectionnés, a déclaré jeudi par voie de communiqué le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel. Nous sommes confiants que les pourparlers avec le Massachusetts mèneront à la conclusion d’un contrat avantageux de part et d’autre de la frontière. »

Tout hydroélectrique

Parmi la quarantaine de soumissionnaires, Hydro-Québec avait présenté six options au Massachusetts en s’appuyant sur trois projets de ligne de transport. Trois propositions prévoyaient un approvisionnement exclusivement hydroélectrique et trois autres combinaient l’hydroélectricité et l’éolien. C’est finalement le projet de Northern Pass avec un approvisionnement tout hydroélectrique qui a été choisi.

Les options combinant l’énergie éolienne misaient sur la quatrième phase des Parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré, près de Québec. Ce projet éolien mené par Boralex et Énergir (anciennement Gaz Métro) est maintenant entre parenthèses, a fait savoir jeudi la porte-parole de Boralex, Lauriane Déry.

« Le site de la Seigneurie de Beaupré a encore un superbe potentiel, donc c’est certain qu’on reste à l’affût de projets à venir », a-t-elle précisé.

À partir de 2020

Le projet Northern Pass est une ligne de transmission de 309 kilomètres qui reliera la frontière américaine au sud de l’État du New Hampshire pour rejoindre le réseau de la Nouvelle-Angleterre. La portion québécoise du projet, longue d’environ 79 kilomètres, a obtenu l’autorisation du gouvernement Couillard le mois dernier, mais attend encore celle de l’Office national de l’énergie. L’ensemble de la ligne de transmission devrait entrer en service d’ici la fin de 2020.

Hydro-Québec investira plus de 680 millions de dollars pour la construction de la ligne en sol québécois, qui devrait débuter l’automne prochain. La société d’État a finalement accepté de l’enfouir dans le secteur de la forêt Hereford, à la suite des pressions exercées par une coalition de groupes environnementaux.

« On croit qu’on a aidé Hydro-Québec à présenter un projet plus respectueux des critères environnementaux du Massachusetts », a fait valoir le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, dont l’organisation a fait partie de cette coalition.

Au sud de la frontière, plusieurs groupes environnementaux ont critiqué la sélection du projet Northern Pass, craignant ses impacts sur le paysage et l’industrie touristique. Le promoteur Eversource a répondu qu’en sol américain, plus de 80 % de la ligne de transmission passera le long de lignes existantes ou sera enfouie.

7 commentaires
  • Danielle Houle - Inscrite 25 janvier 2018 15 h 30

    À que prix déjà?

    Hydro Québec a remporté un gros contrat, mais est ce parce qu'on ''donne'' notre électricté aux états uniens ou bien? Quelqu'un peut-il répondre?

    • Roger Lamarre - Inscrit 25 janvier 2018 19 h 50

      Je le savais. Pourquoi ne pas se réjouir? Le chialage commence.

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 25 janvier 2018 23 h 33

    Savoir lire un atout indispensable.

    @ Danielle Houle...
    "On devrait connaître les paramètres financiers du contrat et l’ampleur des revenus potentiels au terme de la période de négociation, à la fin mars." (Le Devoir)

    Rien à ajouter.

  • Gilles Bonin - Abonné 26 janvier 2018 06 h 46

    On attend

    On attend la floppée de contestations judiciaires et les gazouillis présidentiels sur le sujet.... Et comme la question est posée: à quel prix? Vendre en bas du prix coutant, vous pensez que c'est une si bonne affaire (oui, pour minimiser les pertes de trop de production pour le marché posssible) - d'ailleurs ce sera un des arguments de contestation d'autant plus qu'Hydro est la propriété d'un gouvernement ce qui et une tare aux USA (sauf pour eux bien sûr).

  • Joanne Mineault - Abonné 26 janvier 2018 12 h 40

    Tarif d'H.-Q.

    J'aimerais savoir si on paye notre hydro-électricité au Québec plus cher, moins cher ou équivalent d'ailleurs. Quelqu'un a un tableau comparatif ?

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 26 janvier 2018 17 h 30

      En Amérique du Nord en 2014, en ¢ canadiennes :
      http://img.src.ca/2015/01/08/635x357/prix_electric

      En Europe en 2014, c'est encore pire (c'est en ¢ européennes, donc multipliez par environ 1,45 pour l'avoir en ¢ canadiennes pour 2014, ou multipliez par 1,53 pour le taux de change actuel) :
      https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Prix-electricite-Europe.jpg

      Donc, de tous les endroits listés, c'est au Québec que c'est le moins cher.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 28 janvier 2018 13 h 10

      Vous avez ici le même tableau, mais pour 2017. Et on y indique la part qui n'est pas liée a la production comme telle (taxes et autres).
      www.goo.gl/D2AwRh

      Mais la production et la distribution jusqu'au résidences ce n'est une chose uniforme d'un pays a l'autre (comme peuvent l'éducation par exemple).

      Bien sûr un service électrique va être bien plus cher a New York, comme toutes autres choses l'est dans cette méga-ville.

      Ce qui favorise les prix de l'électricité ici c'est qu'elle est de source hydraulique. Très cher a installer, mais presque plus aucune dépense pour un siècle par la suite...

      Après le tout est de savoir si il y a une bonne gestion de la chose, et si on accole pas a la facture livrée autre charges qui ne sont pas lien avec le service livré. Ici le totale de votre facture comprend environ 37% de taxes et dividendes a l'État.

      Mais comprend aussi de plus en plus du soutient a l'emploi par l'engagement d'achat de prodution éolienne et autres du genres, et qui est revendu a très grande perte.

      Selon la commission sur les enjeux énergétique de 2014 en 2017 Hydro a acheter pour 1,2 milliards$ d'électricté de ces sources en 2017. Et en même temps laissait couler de l'eau de ses barrages, trop plein, sans la turbiné faute de marché pour en vendre l'électricité. Même a très très petit prix...

      C'est le contexte de cette "bonne" nouvelle !

      http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-s