Justin Trudeau à Davos afin d’obtenir des résultats pour la classe moyenne

Justin Trudeau participe au Forum économique mondial pour la seconde fois depuis qu’il a pris le pouvoir.
Photo: Susan Walsh La Presse canadienne Justin Trudeau participe au Forum économique mondial pour la seconde fois depuis qu’il a pris le pouvoir.

Après avoir sillonné, au cours des deux dernières semaines, le pays pour rencontrer « le Canadien moyen » dans des assemblées citoyennes, Justin Trudeau s’envole vers la Suisse, où il côtoiera les riches et puissants de la planète au Forum économique mondial de Davos.

Le premier ministre canadien, qui participe à l’événement pour la seconde fois depuis qu’il a pris le pouvoir, compte y lancer le message que les portes du Canada sont ouvertes aux entreprises intéressées à brasser des affaires, et que le moment est idéal pour investir.

Qu’il réponde aux questions de citoyens dans le gymnase d’une école secondaire de Québec ou qu’il s’entretienne avec le 1 % dans une station de sports d’hiver huppée des Alpes suisses, Justin Trudeau poursuit toujours le même but, a-t-on argué à son bureau.

« L’objectif d’aller rencontrer ces gens influents, c’est justement de tirer des bénéfices pour la classe moyenne. Si une compagnie annonce qu’elle va ouvrir une usine ou son siège social au Canada, ça veut dire des occasions d’emplois pour les Canadiens de la classe moyenne », a-t-on illustré.

Il est prévu que le premier ministre profite de cette rencontre pour présenter les orientations du prochain sommet du G7, qui aura lieu en juin dans Charlevoix. Tous les dirigeants du groupe des sept, à l’exception du premier ministre japonais, Shinzo Abe, convergeront d’ailleurs vers Davos afin de prendre part au forum.

L’une des pièces maîtresses du programme de Justin Trudeau devrait être le discours qu’il prononcera mardi, a-t-on signalé à son bureau : « Ça va être une occasion de présenter nos priorités internationales et de parler des cinq thèmes du G7 qu’on a déjà dévoilés. Ça va être un moment très important, le discours. »

L’ordre du jour du premier ministre sera fort chargé à Davos ; il participera à quelques rencontres bilatérales avec des dirigeants politiques, mais il s’assoira surtout avec des chefs de multinationales comme ABB Group, Alibaba, Alphabet/Google, BlackRock, Coca-Cola, DP World, Ericsson, Investor AB, Microsoft, Royal Dutch Shell, Thomson Reuters, UBS et UPS.

Et alors que, de l’autre côté de l’Atlantique, se déroulera le sixième cycle de la difficile renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), à Montréal, Justin Trudeau participera, mercredi, à une table ronde économique Canada-États-Unis avec des dirigeants d’entreprises.

« Exercice marketing »

La présence du premier ministre au forum de Davos est un « exercice marketing » qui est « très positif », selon Patrick Leblond, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa.

« C’est une occasion pour lui de vendre le Canada et d’indiquer au reste du monde, et certainement aux chefs d’entreprises, que le Canada est un endroit où on peut faire des affaires, investir, même immigrer si on veut », a-t-il exposé en entrevue téléphonique.

Il ne faut pas s’attendre à un déluge d’annonces d’investissements dans le cadre du forum, a d’ores et déjà prévenu le bureau de Justin Trudeau. Mais lorsqu’on a demandé au premier ministre ce qu’il comptait tirer de cette présence, il a plaidé que son précédent passage en Suisse avait été payant.

« On a vu que ma rencontre à Davos la première année [en 2016] a livré des résultats concrets en matière d’investissements au Canada — que ce soit GM, que ce soit GE, que ce soit Thomson Reuters, que ce soit des gens de Microsoft qui sont venus investir au Canada », a-t-il illustré.

Le 48e Forum économique mondial, dont le thème est « Construire un avenir commun dans un monde fracturé », réunira du 23 au 26 janvier environ 2500 participants d’une centaine de pays, dont environ 70 chefs d’État ou de gouvernement et 38 chefs d’organisations internationales.

5 commentaires
  • Raynald Blais - Abonné 22 janvier 2018 07 h 23

    Commedia dell'arte

    La commedia dell'arte est un genre de théâtre "populaire", où des acteurs masqués improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse et l'ingéniosité.

    Prochain programme du 23 au 26 janvier à Davos

  • Michel Lebel - Abonné 22 janvier 2018 09 h 46

    Et les classes moins que moyennes?


    J'en ai ras-le-pompon d'endendre Justin Trudeau toujours parler de la ''classe moyenne'', comme s'il n'existait que celle-ci et qu'il ne travaillait que pour elle. C'est d'un ridicule! Quand parlera-t-il des ''classes moins que moyennes''. Toujours cette vacuité de la pensée chez notre premier ministre! Navrant!

    M.L.

  • Guy Beaubien - Inscrit 22 janvier 2018 09 h 52

    Sortons de notre confort

    Macron aussi sera à Davos et avant, aujourd'hui, il invite à Versailles, tous les grands patrons mondiaux à voir ce que la France peut faire s'ils investissent dans l'hexagone et sa classe moyenne. Alors québécois nés pour un ptit pain et râleurs dans le confort et l'indifférence planqués sous une feuille d'érable pour braver l'hiver avec son chèque du bs. DEBOUT, gens du pays si entre deux joints, label Canada, tu peux te bouger l'cul, en final t'auras un pays. Pendant ce temps "Just-teen" est au boulot et côté "sbires" à la Couille, ben rien...

  • Claude Rondeau - Abonné 22 janvier 2018 19 h 32

    Complaisance

    N'y a-t-il aucune direction éditoriale au Devoir ?

    Comment pouvez-vous reproduire une presse aussi complaisante?

    Désolant.

    Claude Rondeau

  • Stephen Aird - Inscrit 22 janvier 2018 22 h 16

    Le Grand Guignol

    Fils de bourgeois, petit fils de bourgeois, premier ministre d'une monarchie constitutionnelle, de qui rit-on ici? L'on nomme dans cet article de grandes corporations, qu' en est-il des 0,00001% qui seront présents à Davos? Nous les connaissons pourtant par leurs prénoms, ce sont les mêmes qui évitent l'impôt et ont le toupet de nous dicter la bienséance capitaliste. Il est vrai qu'en jet privé, les priorités ne sont pas les mêmes.