Malgré le conflit, les exportations de bois d’oeuvre du Québec grimpent

Depuis l’an dernier, le bois d’œuvre canadien est frappé par des droits compensateurs et antidumping préliminaires. 
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Depuis l’an dernier, le bois d’œuvre canadien est frappé par des droits compensateurs et antidumping préliminaires. 

Malgré l’imposition de taxes frontalières en raison du conflit canado-américain sur le bois d’oeuvre, les exportations des scieries du Québec à destination des États-Unis ont affiché une progression en 2017.

Le volume québécois expédié au sud de la frontière s’est établi à 2,91 milliards de pieds-planche, en hausse d’environ 1,4 %, selon des données gouvernementales fédérales compilées par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ). « C’est une bonne année », a indiqué mardi l’économiste en chef de l’organisme, Michel Vincent, au cours d’un entretien téléphonique. « Nous sommes loin des niveaux des années 1990, où l’on a exporté jusqu’à 4 milliards de pieds-planche, mais la production n’est plus la même. » Selon lui, environ 45 % du bois de sciage québécois est exporté aux États-Unis.

À l’échelle nationale, le volume des exportations vers les États-Unis s’est chiffré à près de 14,5 milliards de pieds-planche, en baisse de 6 %, ce qui est notamment attribuable à des incendies de forêt ayant paralysé de nombreuses scieries en Colombie-Britannique l’été dernier.

Depuis l’an dernier, le bois d’oeuvre canadien est frappé par des droits compensateurs et antidumping préliminaires. Le mois dernier, le gouvernement Trump a fixé à 20,83 % le taux moyen final de ces taxes frontalières. Néanmoins, les scieries québécoises et canadiennes parviennent, pour l’instant, à garder la tête hors de l’eau, puisque les hausses de prix sont assumées par les consommateurs américains en raison de l’appétit pour le bois d’oeuvre au sud de la frontière.

D’après les données du CIFQ, le prix moyen par 1000 pieds-planche est passé de 340 $ à 401 $ de 2016 à 2017, ce qui constitue une augmentation de 18 %. Depuis la fin du mois d’août, le prix moyen s’est maintenu au-dessus de la barre des 400 $ par 1000 pieds-planche, atteignant 435 $ le mois dernier. « Cela démontre à quel point il est ridicule pour les États-Unis de vouloir freiner nos exportations, a affirmé M. Vincent. S’il devait y avoir 1,5 million de mises en chantier, il n’y aurait tout simplement pas assez de bois en Amérique du Nord pour répondre à la demande. »

Dans un récent rapport, l’agence de notation Moody’s prévoyait 1,3 million de mises en chantier aux États-Unis. La demande devrait être stimulée par les efforts de reconstruction à la suite des ouragans Harvey et Irma ayant ravagé une partie du Texas et de la Floride l’été dernier. « Le prix de référence du bois a bondi de 25 % [en 2017] et les tarifs ont été refilés aux consommateurs, souligne Moody’s. Ces prix devraient se maintenir en 2018, notamment en raison de la reconstruction anticipée. » 

L’industrie du bois d’oeuvre au Québec

27 100 emplois (sur les 60 000 du secteur forestier)

Revenus d’environ 6,2 milliards

124 scieries

 

 

Source: Conseil de l’industrie forestière du Québec
1 commentaire
  • Steeve Gagnon - Abonné 18 janvier 2018 17 h 12

    Les vrais gagnants

    Les scieries américaines sont celles qui profitent le plus de la situation.