Trudeau ne promet rien pour les travailleurs du chantier naval Davie

Justin Trudeau sera à Québec jeudi.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Justin Trudeau sera à Québec jeudi.

Le premier ministre Justin Trudeau est prêt à entendre les critiques des travailleurs du chantier maritime Davie lors de son passage à Québec jeudi.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, M. Trudeau a évité de faire des propositions précises pour le chantier naval de Lévis, qui est à la recherche de nouveaux contrats. Quelque 800 travailleurs ont été mis à pied par Davie depuis le mois de novembre. Ceux-ci avaient travaillé à la conversion de l’Astérix, un porte-conteneurs transformé en navire ravitailleur qui a été livré à la marine canadienne à la fin décembre. L’entreprise, qui a respecté le budget et l’échéancier alloués pour ce projet, espérait une nouvelle commande du gouvernement fédéral.

Ottawa a plutôt fermé la porte à cette possibilité en novembre en soulignant qu’il ne voyait pas le besoin de commander un deuxième navire de ravitaillement. L’Astérix est une solution temporaire qui fournira du ravitaillement en carburant aux navires canadiens déjà en mer durant cinq ans en attendant que les navires commandés au chantier Seaspan de Vancouver soient prêts. Or, selon le rapport annuel sur la Stratégie maritime du gouvernement fédéral, la construction du premier navire de ravitaillement ne débutera pas avant 2019.

Les travailleurs du chantier naval Davie qui s’attendaient à une annonce lors du passage de Justin Trudeau jeudi risquent toutefois d’être déçus. Même s’il a souligné l’efficacité du chantier naval en entrevue, le premier ministre a esquivé les questions sur la possibilité pour le gouvernement d’accélérer des appels d’offres pour commander de nouveaux brise-glace.

Présent à Davos

Par ailleurs, après avoir sauté Davos en 2017, Justin Trudeau s’y rendra cette année. L’an dernier, alors que les reportages sur ses vacances chez l’Aga Khan commençaient à sortir, Justin Trudeau avait décidé de faire une croix sur une participation au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, pour éviter de donner l’impression d’être détaché de la classe moyenne.

Cette année, même si l’ombre de l’Aga Khan plane toujours sur le premier ministre en raison de la publication d’un rapport accablant sur cette escapade aux Bahamas, il a tout de même choisi d’être de l’événement dans les Alpes suisses, qui réunira les riches et puissants de la planète.

Le premier ministre Trudeau estime que le moment est idéal pour traverser l’océan et partager la recette canadienne, vu l’année économique favorable que le pays a connue sous la houlette du gouvernement libéral. « Une des choses dont je vais parler à Davos, c’est à quel point l’approche économique qu’on a prise il y a deux ans pour contrer l’anxiété liée à la mondialisation est en train de fonctionner », a-t-il offert en entrevue de début d’année avec La Presse canadienne. « Cette année, on a les résultats concrets qu’on peut démontrer : on a la croissance économique la plus forte du G7, on a le plus bas taux de chômage au Canada depuis avant les Jeux olympiques de Montréal. Donc on a une histoire concrète à raconter », a-t-il plaidé.

Lorsqu’on lui a demandé si l’importance de transmettre la bonne nouvelle canadienne l’avait emporté sur l’image que ce voyage au rendez-vous alpin sélect envoyait, il a répliqué que l’on « mettait une approche particulière sur notre décision de ne pas y aller l’an passé ».

Le premier ministre se retrouvera dans le petit village helvète avec de nombreux dirigeants mondiaux, dont le président américain, Donald Trump, qui a retourné sa veste après avoir pesté, pendant sa campagne électorale, contre les rencontres au sommet « mondialistes » de ce genre. La semaine dernière, en conférence de presse à la Maison-Blanche, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, a défendu le déplacement de son patron en sol suisse en plaidant que Davos n’était « pas un endroit où se réunissent les mondialistes ».

Le 48e Forum économique mondial, dont le thème est « Construire un avenir commun dans un monde fracturé », réunira du 23 au 26 janvier environ 2500 participants en provenance d’une centaine de pays, selon le programme de l’événement. Le sommet est cette année entièrement présidé par des femmes. Sept sont aux commandes de l’événement, dont la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, ainsi que la première ministre de la Norvège, Erna Solberg.