Chute du géant Carillion en Grande-Bretagne

Faute d’accord sur son renflouement, l'entreprise britannique explique avoir été contrainte «de se placer en liquidation avec effet immédiat», suscitant de fortes craintes sur le sort de ses 43 000 employés dans le monde.
Photo: Daniel Sorabji Agence France-Presse Faute d’accord sur son renflouement, l'entreprise britannique explique avoir été contrainte «de se placer en liquidation avec effet immédiat», suscitant de fortes craintes sur le sort de ses 43 000 employés dans le monde.

Le groupe de construction et de services Carillion a brutalement fait faillite lundi, laissant en plan des milliers d’employés et obligeant le gouvernement britannique à financer les nombreux services publics que la société assurait au Royaume-Uni.

Faute d’accord sur son renflouement, Carillion explique avoir été contraint « de se placer en liquidation avec effet immédiat », suscitant de fortes craintes sur l’avenir de ses 43 000 employés dans le monde (Canada, Moyen-Orient et Afrique du Nord), dont 19 500 au Royaume-Uni. Au Canada, l’entreprise emploie 6000 personnes et dégage des revenus de 1 milliard.

Services publics assurés

Le groupe britannique précise que le gouvernement va apporter les fonds nécessaires pour maintenir les services publics assurés par Carillion et qui représentaient une bonne partie de son activité, par des services fournis notamment aux écoles (cantines), aux hôpitaux et à l’armée.

Le montant des contrats en cours auprès du secteur public ou en partenariat public-privé s’élève à environ 1,7 milliard de livres (3 milliards de dollars canadiens). Le gouvernement a néanmoins demandé à tous les employés de Carillion de continuer à venir travailler, leur assurant qu’ils seront payés.

« Nous n’avons pas été capables de trouver les fonds pour soutenir notre activité », a déclaré Philip Green, président du conseil d’administration du groupe.

La presse évoquait ces derniers jours une possible cessation de paiement, mais le groupe a surpris en se déclarant directement en liquidation, laquelle va être orchestrée par un responsable désigné par le tribunal des faillites ainsi que par le cabinet PwC.

Insuccès

Carillion a mené d’âpres discussions durant le week-end avec des représentants du gouvernement et ses créanciers, espérant réduire sa dette et renforcer son capital, mais sans succès.

Le sauvetage du groupe s’est joué à peu de choses, selon l’agence de presse britannique PA, qui révèle que Carillion avait demandé seulement 20 millions de livres (34 millions de dollars) au gouvernement afin d’être en mesure d’obtenir ensuite davantage de fonds auprès des banques.

Celles-ci avaient conditionné tout renflouement à une intervention directe des autorités publiques. Ces mêmes banques créancières devraient perdre autour de 2 milliards de livres (3,4 milliards de dollars) avec cette liquidation, en comptant leur exposition aux différentes filiales du groupe, selon la presse britannique.

« Il n’est pas possible d’attendre des contribuables de sauver une société du secteur privé », a expliqué David Lidington, secrétaire d’État auprès de la première ministre.

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