Le marché immobilier québécois a été très actif en 2017

Le marché immobilier de Montréal a affiché une hausse de 8% du nombre de transactions en 2017. 
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le marché immobilier de Montréal a affiché une hausse de 8% du nombre de transactions en 2017. 

Alors que Toronto et Vancouver ont connu une baisse des ventes en 2017, conséquence des taxes sur les achats effectués par des étrangers, le marché immobilier de Montréal a affiché une hausse de 8 % du nombre de transactions.

Le nombre de ventes dans l’ensemble du Québec a augmenté de 6 % au cours de la dernière année, une troisième hausse de suite qui devrait d’ailleurs se poursuivre, selon la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ). Près de 83 000 propriétés ont changé de mains, un record.

Paul Cardinal, directeur du service d’analyse du marché à la FCIQ, croit que la nouvelle règle visant à resserrer le marché hypothécaire, en vigueur depuis le 1er janvier, aura un impact somme toute limité.

« Nous avons surestimé l’impact de la simulation de crise hypothécaire implantée à l’automne 2016, c’est-à-dire l’effet sur le marché et sur les premiers acheteurs », a dit Paul Cardinal.

Une hausse des taux d’intérêt

Depuis deux semaines, les acheteurs qui effectuent une mise de fonds de 20 % — ce qui leur évite de souscrire à une assurance hypothécaire — sont eux aussi visés par une simulation pour évaluer leur capacité à encaisser le coup d’une hausse des taux d’intérêt. Par exemple, s’ils se procurent un prêt à 3 %, on évalue l’effet d’une hausse des taux à 5 %.

« En toute logique, cette nouvelle règle va être encore moins dommageable sur le marché; l’effet pourrait même être assez marginal ici au Québec, car les gens qui effectuent une mise de fonds de 20 % ont un petit peu plus de marge de manoeuvre pour se qualifier, a dit M. Cardinal en entrevue. Cependant, l’impact, c’est qu’ils ne pourront pas aller à leur maximum de ratio d’endettement. S’ils veulent faire ça, ils seront obligés d’emprunter moins. »

Le prix médian a augmenté de 3 % pour atteindre, à l’échelle du Québec, 242 500 $ pour les maisons unifamiliales et 230 000 $ pour les copropriétés.

Montréal et Québec

À Montréal, l’activité a été plus frénétique. Le nombre de transactions a bondi de 8 % à 44 450, tiré vers le haut par l’explosion de 17 % parmi les copropriétés.

« La performance du marché immobilier montréalais en 2017 a été bien au-delà de ce que nous avions anticipé dans un contexte où les règles hypothécaires ont été resserrées à l’automne 2016 », a affirmé dans un communiqué le président du conseil d’administration de la Chambre immobilière du Grand Montréal.

Le prix médian des copropriétés dans la métropole a grimpé de 3 % à 247 000 $. Celui des maisons unifamiliales s’est établi à 310 000 $ après une hausse de 7 %, la plus robuste depuis sept ans.

À Québec, les ventes ont augmenté de 2 %. Le prix médian a affiché une hausse de 1 % dans les unifamiliales, comparativement à un recul de 1 % pour les copropriétés.

Ces situations offrent un contraste saisissant avec Toronto, où les ventes ont reculé de 18 % en 2017 par rapport à 2016. À Vancouver, la chute a été de 10 %, des courtiers y voyant la preuve d’un retour à quelque chose de plus normal.

La bonne tenue de l’économie en 2017 va vraisemblablement se poursuivre cette année, ce qui pourrait se traduire par une nouvelle hausse du nombre de ventes immobilières (+ 3 %) de même que par une augmentation globale de 3 % du prix médian, selon la FCIQ. Le taux de chômage est relativement bas et le niveau de confiance des consommateurs du Québec est élevé.

Cependant, le rôle que jouera la Banque du Canada sera suivi de près, car la hausse attendue du taux directeur aura un effet direct sur les prêts hypothécaires à taux variable. Les taux hypothécaires pourraient grimper d’un demi-point de pourcentage, selon M. Cardinal.