Le tourisme mondial s’est envolé en 2017

L’Europe est le continent qui a le plus attiré les visiteurs en 2017. Sur la photo, des touristes à la marina de Barcelone.
Photo: Jorge Guerrero Agence France-Presse L’Europe est le continent qui a le plus attiré les visiteurs en 2017. Sur la photo, des touristes à la marina de Barcelone.

Le tourisme mondial s’est offert en 2017 sa plus belle année depuis sept ans grâce à la reprise économique, Europe en tête, les destinations méditerranéennes touchées par des attentats reprenant des couleurs, mais les États-Unis marquant le pas.

L’année « 2017 a enregistré la croissance la plus forte depuis 2010 », avec un bond de 7 % du nombre de touristes dans le monde par rapport à 2016, a expliqué lundi le secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), Zurab Pololikashvili, lors d’une conférence de presse à Madrid.

7%
L’année 2017 a enregistré un bond de 7 % du nombre de touristes dans le monde par rapport à 2016, selon l’Organisation mondiale du tourisme.

Depuis plusieurs années, le rythme tournait plutôt autour de 4 %. Avec cette accélération, le nombre de visiteurs internationaux (passant au moins une nuit sur place) a atteint 1,3 milliard de personnes sur la planète.

L’OMT attribue ce dynamisme « à la reprise économique » mondiale, qui a incité les touristes occidentaux comme ceux des pays émergents à voyager davantage. Brésiliens et Russes ont par exemple accru leurs dépenses dans ce domaine, « après plusieurs années de baisse ».

L’Europe, en particulier méditerranéenne, est le continent qui a le plus attiré les visiteurs (+8 %). À elle seule, la région (dans laquelle l’OMT inclut la Turquie) a accueilli près de la moitié des touristes (671 millions). Les voyageurs semblent aussi avoir passé outre aux craintes suscitées par les attentats djihadistes, qui plombaient les chiffres depuis deux ou trois ans. Ainsi en France, « la tendance est clairement positive (+8 %) après deux années de faiblesse liée aux actes terroristes » et « tout indique » que le pays est resté la première destination mondiale en 2017, même si les chiffres définitifs ne seront publiés qu’au printemps, a expliqué le responsable « marchés » de l’OMT, John Kester.

Selon le ministère français des Affaires étrangères, le nombre de visiteurs de l’Hexagone en 2017 pourrait atteindre 89 millions de personnes.

M. Pololikashvili a aussi souligné « le grand succès » de l’Espagne, où les arrivées ont grimpé de 9 % alors même que la Catalogne, région la plus visitée, a subi en août des attentats djihadistes (16 morts) et à l’automne des manifestations monstres provoquées par la crise politique indépendantiste.

L’espagne deuxième

« Nous estimons que l’Espagne deviendra la deuxième destination mondiale en arrivées » en 2017, devant les États-Unis, qui ne publieront leurs données officielles qu’en juin, a ajouté le secrétaire général de l’OMT, Zurab Pololikashvili, prévoyant par ailleurs une tendance « assez bonne » pour la Catalogne en 2018.

L’Espagne a accueilli 82 millions de visiteurs l’année passée, contre 75,6 en 2016, selon le gouvernement espagnol.

Photo: Josep Lago Agence France-Presse Le parc Güell, à Barcelone

L’OMT insiste sur la reprise du tourisme dans les pays méditerranéens où il s’était effondré sous l’effet des attentats : en Turquie, les arrivées sont en hausse de 33 % (données partielles jusqu’en novembre), de 23 % en Tunisie et de 55 % en Égypte. Ces deux derniers pays ont notamment profité du regain d’enthousiasme des touristes russes, mais aussi de visiteurs de la même région (Algérie, pays du Golfe).

Les arrivées ont augmenté de 5 % au Moyen-Orient et de 8 % en Afrique, qui consolide ainsi son rebond de l’année précédente.

Les États-Unis, deuxième destination mondiale en 2016 avec 75,6 millions de touristes, ont en revanche enregistré un « recul », souligne l’OMT sans plus de précisions. Entre janvier et juin, les arrivées ont baissé de 4 %, a par la suite précisé l’OMT.

Au premier semestre, l’association mondiale du tourisme d’affaires (GBTA), basée aux Etats-Unis, avait estimé que l’économie américaine risquait de perdre 1,6 milliard en 2017, en raison des incertitudes risquant de décourager les voyageurs d’affaire, citant notamment les décrets anti-immigration du président Donald Trump et l’interdiction d’embarquer un ordinateur portable en cabine depuis certains aéroports -levée en juillet-.

L’Amérique du Nord enregistre le plus mauvais résultat régional avec une hausse estimée de 2 % en dépit des « bons résultats du Mexique et du Canada ». L’OMT n’a pas livré d’analyse dans l’immédiat sur les raisons de ce ralentissement.

L’organisation remarque « des signes clairs de reprise » en Amérique centrale et dans les Caraïbes depuis le passage des ouragans Irma et Maria en septembre. La région Asie-Pacifique a vu le nombre de visiteurs augmenter de 6 %, grâce à l’Asie du Sud et du Sud-Est.

Pour 2018, l’OMT s’attend à une croissance de 4 à 5 % du nombre de touristes dans le monde. Le tourisme représente 10 % du PIB mondial et emploie une personne sur dix sur la planète (emplois indirects inclus), selon l’OMT.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 15 janvier 2018 10 h 52

    Le contraire demandé+++

    Il devrait y avoir diminution de 7%/an de moins de touristage d'ici les 2025.
    Planète exige!

    On peut visiter tellement les autres pays en y allant pas. Inventons+++.

    Exemple : une fin de semaine/14 heures intensives, dans une université, avec des spécialistes du pays étudié. Ex Japon

    Que les agences de voyage se renouvellent. Vie sur Terre exige!