La construction résidentielle devrait ralentir un peu cette année

2017 s’est terminée avec un total de 202 000 nouveaux logements dans les centres de 10 000 habitants et plus, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne 2017 s’est terminée avec un total de 202 000 nouveaux logements dans les centres de 10 000 habitants et plus, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.

L’année qui commence devrait être bonne en matière de construction résidentielle, sans être aussi faste que celle qui vient de s’achever.

Le rythme des mises en chantier a un peu ralenti en décembre au Canada après avoir connu son meilleur mois de l’année en novembre, a rapporté mardi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) en dévoilant les premières statistiques officielles permettant de dresser le bilan de 2017. Ce petit tassement en fin de parcours n’a pas empêché de boucler l’année avec un total de 202 000 nouveaux logements dans les centres de 10 000 habitants et plus, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente et le plus haut total depuis 2004.

Cette belle vigueur a été particulièrement forte dans la construction de copropriétés, d’appartements locatifs, de résidences privées pour personnes âgées et autres logements collectifs, qui a augmenté de 16 % (de 120 000 à 139 000) en 2017, contre une hausse de 5 % pour les maisons individuelles (de 61 000 à 63 000).

La progression a été plus impressionnante encore au Québec avec un bond de 25 % du nombre de mises en chantier l’année dernière (de 33 000 à 41 000) et de 31 % pour les seuls logements collectifs (de 26 000 à 34 000). Cette croissance québécoise a surtout été le fait des régions métropolitaines de Montréal et de Québec, qui ont toutes deux vu augmenter le total de leurs mises en chantier de 39 % et où la construction de logements collectifs a respectivement bondi de 43 et 50 %.

Ce phénomène s’explique notamment par la bonne tenue de l’économie et du marché de l’emploi, la faiblesse des taux d’intérêt, un marché de la revente qui ne suffit plus et un solde migratoire élevé, dit la SCHL. L’engouement pour les logements collectifs correspond, quant à lui, à une tendance qui avait connu un léger passage à vide les années précédentes, mais qui a repris de plus belle, bien servie par des facteurs comme leur meilleure abordabilité, la densification des villes et le vieillissement de la population, a expliqué en entretien téléphonique au Devoir l’économiste à la SCHL, Kevin Hugues.

Encore bon, mais un peu moins

Le contexte général devrait rester favorable au moins les deux prochaines années, mais il serait étonnant que la croissance soit aussi forte, estime-t-il. « Le rythme de construction de nouveaux logements est déjà équivalent et peut-être supérieur à celui de la formation de nouveaux ménages. On ne peut pas aller beaucoup plus vite que cela. »

Il n’est pas le seul à penser cela, en raison également de l’entrée en vigueur, le 1er janvier, de nouvelles règles obligeant les banques à tester le degré de résistance de leurs clients à d’éventuelles hausses des taux d’intérêt avant de leur accorder une hypothèque, ainsi que de la hausse attendue, cette année, de ces fameux taux d’intérêt par la Banque du Canada. « Un ralentissement du marché de l’habitation au début de 2018 semble évident, a prévenu, mardi, Benoit P. Durocher, économiste au Mouvement Desjardins. Reste maintenant à savoir quelle sera son amplitude et, surtout, s’il sera rapidement suivi d’un rebond. »

« Une réédition de la performance de 2017 est peu probable », a renchéri mardi Jocelyn Paquet. L’économiste de la Banque Nationale s’attend néanmoins à ce que le nouveau resserrement des règles hypothécaire et la hausse des taux d’intérêt aient plus d’impact à Toronto et Vancouver qu’à Montréal, « simplement parce qu’on y est plus endetté », a-t-il noté en entretien téléphonique au Devoir.