Washington prié de bien évaluer l’impact de l’imposition de droits sur les importations de papier journal canadien

L’industrie canadienne du papier journal repose sur plus d’une vingtaine d’usines.
Photo: Borislav Bajkic Getty Images L’industrie canadienne du papier journal repose sur plus d’une vingtaine d’usines.

À l’approche d’une décision de Washington concernant l’imposition de droits compensateurs sur le papier journal canadien, dont Produits forestiers Résolu est un des grands producteurs, des acteurs ont intensifié leurs efforts afin d’informer le gouvernement Trump des conséquences d’un tel geste sur l’économie américaine.

La plus récente intervention est venue du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, qui a pris le téléphone jeudi dernier afin de parler directement au secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross.

Selon un document affiché lundi sur le site Internet du département du Commerce, dont la décision préliminaire est imminente, le gouverneur Walker a « exprimé ses préoccupations […] au sujet de l’impact négatif sur les éditeurs de journaux et les autres consommateurs ».

1,27 milliard
L’industrie canadienne du papier journal repose sur plus d’une vingtaine d’usines. Selon Washington, les États-Unis ont importé pour 1,27 milliard $US de papiers non couchés en 2016.

« Le gouverneur Walker a dit croire que les producteurs américains de papier de pâte mécanique sont incapables de répondre à la demande, ce qui rend les importations canadiennes nécessaires », indique le compte rendu de la conversation téléphonique. M. Ross aurait ensuite dit qu’il allait transmettre ces informations à l’équipe chargée de l’enquête.

Selon un responsable au département du Commerce cité par le Globe and Mail dans son édition de lundi, la décision serait publiée mardi. Un porte-parole de Produits forestiers Résolu a indiqué au Devoir que l’entreprise répondrait aux questions une fois la décision publiée.

L’industrie canadienne du papier journal repose sur plus d’une vingtaine d’usines. Selon Washington, les États-Unis ont importé pour 1,27 milliard $US de papiers non couchés en 2016.
 

La plainte

L’enquête du département a commencé au mois d’août 2017 à la suite d’une plainte de North Pacific Paper Company (NORPAC), une entreprise de 260 travailleurs qui exploite une seule usine dans l’État de Washington. Anciennement détenue par Wayerhaeuser, elle est aujourd’hui la propriété d’unfonds de couverture new-yorkais, One Rock Capital Partners.

NORPAC affirme notamment que les entreprises canadiennes jouissent de « subventions gouvernementales significatives ». De plus, la compagnie estime que les entreprises qui vendent de l’électricité aux distributeurs, au Québec ou en Ontario par exemple, bénéficient là d’un avantage.

Cependant, 34 membres de la Chambre des représentants ont écrit au secrétaire Ross en décembre dernier afin de souligner que NORPAC est seule dans son coin et que sa position n’est pas celle de l’ensemble de l’industrie du papier. Le déclin du papier journal n’est pas dû aux importations, ont-ils affirmé, mais plutôt à la popularité grandissante des plateformes numériques comme véhicule d’information et de ventes publicitaires.

« Les éditeurs de journaux ont vu une baisse significative de leurs revenus publicitaires et il leur serait probablement impossible de répercuter la hausse des coûts découlant de droits compensateurs ou antidumping », ont écrit ces 34 élus du Congrès américain. « Des pénalités nuiront aussi aux producteurs américains de papier journal et à leurs employés, car la baisse de demande entraînerait la disparition d’emplois. »

Il était prévu à l’origine que le département du Commerce américain rende sa décision sur les droits compensateurs le 8 janvier et celle sur les droits antidumping le 16 janvier.

À la fin du mois de décembre, Résolu a écrit au secrétaire Ross pour affirmer que l’enquête n’est pas logique. « Rien ne permet raisonnablement de dire que l’enquête sur les subventions présumées dans le bois d’oeuvre, un dérivé du bois debout, se traduit par une enquête sur le papier, qui est produit beaucoup plus loin en aval », a écrit Résolu.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 9 janvier 2018 09 h 37

    À force d’étirer le lastic, est-ce que les américains ne risquent pas de se retrouver seuls dans leur coin?

    Et Trump est sans doute d’accord avec ça.

    Après tout il faut que se réalise son slogan : « Make america great again »