La création d’emplois s’est essoufflée en décembre aux États-Unis

Photo: Joe Raedle Archives Getty Images/AFP

La création d’emplois aux États-Unis s’est essoufflée en décembre, décevant les attentes, mais le taux de chômage à 4,1 % est resté à son plus bas niveau depuis 17 ans, en pleine embellie économique.

Selon le rapport officiel sur l’emploi du département du Travail publié vendredi, l’économie a créé 148 000 nouveaux emplois le mois dernier alors que les analystes s’attendaient à 188 000 embauches nettes.

Le taux de chômage est demeuré à 4,1 % pour le troisième mois d’affilée, son niveau le plus faible depuis décembre 2000. Sur 2017, au cours de la première année au pouvoir de l’administration Trump, la première économie mondiale a créé 2,1 millions d’emplois, après un gain de 2,2 millions en 2016.

Les analystes avaient été habitués à mieux les deux mois précédents où les créations d’emplois dépassaient largement la barre des 200 000.

Depuis six mois, le gain moyen [d'emplois dans les industries manufacturières américaines] a été de plus de 20 000.

 

Mais la moyenne des nouvelles embauches sur trois mois reste forte à 204 000. « C’est le reflet d’un marché du travail très robuste et ce n’est probablement pas tenable sur la durée », a commenté l’économiste indépendant Joel Naroff.

Pour Jason Schenker de Prestige Economics, « ce rapport sur l’emploi est décevant, mais reste positif ».

Il montre que pour le 87e mois d’affilée, les entreprises américaines embauchent.

Pertes d’emploi dans la distribution

Le tassement de décembre, au rythme le plus faible depuis quatre mois, est surtout à mettre au compte du secteur de la distribution qui curieusement, alors que la saison des ventes de fin d’année a été bonne, a détruit plus de 20 000 emplois. Il en avait ajouté quasiment autant le mois d’avant.

La Fédération du commerce de détail a immédiatement réagi en expliquant que ces chiffres seraient sans doute révisés en raison des facteurs saisonniers. « Il faut être prudent et ne pas juger de la santé du secteur sur la base de ce rapport initial sur l’emploi », a prévenu la fédération des détaillants dans un communiqué.

« Nous ne sommes pas certains que les facteurs saisonniers utilisés » pour ajuster les statistiques « soient adéquats pour refléter la transformation que connaît le secteur de la distribution », a ajouté l’organisation professionnelle faisant référence à la mutation vers le commerce en ligne.

Le secteur manufacturier va bien

Un secteur en revanche a bien résisté : celui des industries manufacturières, chères au président Donald Trump qui veut relancer le « Made in America ».

Le secteur manufacturier a ajouté 25 000 emplois, ce qui est encore robuste, mais un peu plus faible qu’en novembre.

« Il y a un an, les industries manufacturières détruisaient des emplois, mais depuis six mois, le gain moyen chaque mois a été de plus de 20 000 », a noté Paul Ashworth, de Capital Economics.

Vu le rebond en cours de l’économie mondiale et la faiblesse du dollar, les emplois manufacturiers devraient continuer à progresser, selon lui.

Sur l’année, les nouveaux emplois dans le bâtiment ont atteint 210 000, contre 155 000 en 2016, ceux du secteur manufacturier se sont montés à 196 000, alors que l’industrie manufacturière n’avait guère augmenté ses effectifs en 2016.

Un peu décevant, mais tout de même solide

L’année 2017 a terminé avec 926 000 chômeurs de moins qu’en 2016, à 6,6 millions.

Le nombre de travailleurs ne trouvant qu’un emploi à temps partiel reste élevé, à 4,9 millions à la fin de l’année. Il a néanmoins diminué de 639 000 au cours de 2017.

En décembre, la rémunération horaire moyenne en augmentant de 0,3 % a constitué une relative bonne nouvelle, portant l’augmentation du salaire horaire moyen sur l’année à 2,5 %. C’est encore faible, à peine au-dessus de l’inflation, mais c’est en progrès.

Globalement, ce rapport sur l’emploi un peu décevant, mais qui reste solide ne devrait pas à ce stade faire reculer la banque centrale (Fed) dans sa volonté de resserrer les taux d’intérêt par trois fois en 2018 pour éviter une surchauffe.

« La prochaine hausse des taux interviendra probablement en mars », a prédit Paul Ashworth de Capital Economics.