Airbus procède à un remaniement de sa direction

Le numéro deux d'Airbus, Fabrice Brégier
Photo: Toru Yamanaka Agence France-Presse Le numéro deux d'Airbus, Fabrice Brégier

Paris — Espérant éviter une crise interne, Airbus va remanier sa direction avec le départ prochain de son numéro deux, Fabrice Brégier, qui sera remplacé par le patron d’Airbus Helicopters, Guillaume Faury, tandis que le p.-d.g., Tom Enders, ne renouvellera pas son mandat en 2019.

Le conseil d’administration du constructeur aéronautique « a décidé de remanier la direction de l’entreprise afin d’assurer une succession en bon ordre au sein du top management d’Airbus », a-t-il annoncé vendredi, au lendemain d’une difficile réunion qui a duré toute la journée.

Le président de France, Emmanuel Macron, a pris acte de ces changements, en prévenant que Paris et Berlin, actionnaires d’Airbus à hauteur de 22 %, seraient « très vigilants ». « Être très exigeant ne signifie pas vouloir s’immiscer » dans la gestion d’Airbus, a ajouté le président français en présence de la chancelière d’Allemagne, Angela Merkel, qui a approuvé ses propos lors d’une conférence de presse commune à Bruxelles.

« J’attends du board les clarifications nécessaires et indispensables et les évolutions sur le plan à la fois du management comme des règles de fonctionnement dans les prochaines semaines », a ajouté le président. « Nous serons intraitables sur ce point », mais « la solution n’est pas que les États reviennent au board […]. Nous avons, l’Allemagne et la France, construit la gouvernance actuelle où nous sommes dûment représentés », a-t-il conclu.

À Berlin, la porte-parole du ministère de l’Économie a refusé de se prononcer sur une éventuelle alternance entre Allemands et Français à la tête du groupe.

Investigations

Airbus, un géant qui emploie 134 000 personnes et représente un gros contributeur net au commerce extérieur des deux pays, est sous le coup d’investigations du Parquet national financier en France et du Serious Fraud Office en Grande-Bretagne pour des irrégularités dans des transactions, faits qu’il avait lui-même dénoncés en 2016. Il est aussi la cible de deux autres enquêtes en Autriche et en Allemagne. En Autriche, Tom Enders figure parmi les personnes visées par l’enquête, mais de l’aveu du parquet général de Munich, la justice allemande dispose « de peu de preuves de corruption ».

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 16 décembre 2017 12 h 35

    Toujours pas clair

    quel est exactement le problème.

  • Pierre Robineault - Abonné 16 décembre 2017 17 h 13

    Le board

    Le board, quel joli mot! Surtout dans la ... bouche du président de la France.
    Bientôt nous irons tous au board de mer.