La «fintech» a besoin d’un coup de pouce, plaide le Bureau de la concurrence

La technologie financière regroupe tout ce qui promet de bouleverser le secteur au cours des prochaines années, ou ce qui a déjà entraîné un impact: paiements par contact et plateformes d’investissements en ligne, par exemple.
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La technologie financière regroupe tout ce qui promet de bouleverser le secteur au cours des prochaines années, ou ce qui a déjà entraîné un impact: paiements par contact et plateformes d’investissements en ligne, par exemple.

Les obstacles qui se trouvent à la porte d’entrée du secteur financier peuvent empêcher les jeunes entreprises innovantes de faire leur place, estime jeudi le Bureau de la concurrence du Canada dans un rapport attendu sur la technologie financière (fintech).

Le Bureau, qui a notamment mené des entrevues avec 130 acteurs et organisé une dizaine de séances d’information, recommande la création d’un bureau qui serait responsable de coordonner l’ensemble des efforts issus des diverses régions du pays et de faire rayonner les projets.

La technologie financière regroupe tout ce qui promet de bouleverser le secteur au cours des prochaines années, ou ce qui a déjà entraîné un impact : paiements par contact, plateformes d’investissements en ligne, usage de la chaîne de blocs (blockchain), épargne automatisée, objets branchés pour donner des rabais de primes d’assurance, etc.

Des milliers de jeunes pousses ont vu le jour dans le monde et les investisseurs ont consenti des milliards en capital de risque en raison du potentiel commercial qu’ils y voient. Les grandes institutions ont également commencé à investir dans ces sociétés, lorsqu’elles ne décident pas simplement de mettre sur pied des projets d’innovation à l’interne. Parmi les bailleurs de fonds figurent des noms comme Power Corporation, le Mouvement Desjardins et la Caisse de dépôt et placement, pour ne nommer que ceux-là.

« Malgré l’attention que les technologies financières génèrent, le Canada est à la traîne par rapport à ses pairs internationaux en ce qui concerne l’adoption des technologies financières », a écrit le Bureau de la concurrence dans son rapport de 88 pages publié jeudi matin. « Le Bureau de la concurrence a lancé cette étude de marché dans le secteur des services financiers pour en comprendre les raisons. »

Dans le domaine des paiements, par exemple, le Bureau a relevé des écarts de réglementation entre les sociétés établies et les jeunes entreprises, un problème de confiance dans le public et un manque d’incitatifs pour encourager les commerçants à offrir d’autres modes de paiement. L’accès à l’infrastructure est également difficile. Si certaines jeunes pousses peuvent d’elles-mêmes régler leurs problèmes, il faudrait dans certains cas une « intervention réglementaire ».

Le Bureau a relevé d’autres enjeux. En ce qui concerne les prêts de personne à personne sur les plateformes spécialisées, on ignore ce qu’il arriverait en cas d’échec d’une plateforme. Dans le cas des plateformes d’investissement en ligne (conseillers robots), l’obligation d’avoir un « agent de service » dans chaque province où l’entreprise offre ses services peut entraîner des coûts supplémentaires.

Le rapport est susceptible de générer une vague de réactions dans le milieu de la technologie financière, entre autres chez ceux qui voudraient que le Canada se dote d’une stratégie cohérente, à la lumière de ce que font d’autres pays.

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