TUI prépare un plan d’urgence pour le Brexit

Si certaines destinations devenaient plus chères pour les Britanniques en raison d’une baisse de la livre sterling, la demande pourrait se déplacer vers des pays moins chers, a souligné Fritz Joussen, le patron de l’entreprise.
Photo: Peter Steffen Agence France-Presse Si certaines destinations devenaient plus chères pour les Britanniques en raison d’une baisse de la livre sterling, la demande pourrait se déplacer vers des pays moins chers, a souligné Fritz Joussen, le patron de l’entreprise.

TUI a dévoilé jeudi un bénéfice net en recul, mais son résultat d’exploitation est resté solide à l’issue de son exercice 2016-2017, porté par ses activités d’hôtellerie et de croisières. Le géant mondial du tourisme a également annoncé qu’il va mettre en place un plan d’urgence pour le Brexit.

TUI Group, basé à Hanovre, dans le nord de l’Allemagne, a dégagé un bénéfice net de 645 millions d’euros pour l’exercice clos le 30 septembre 2017, contre 1,04 milliard lors de l’exercice précédent. Son bénéfice d’exploitation ajusté a grimpé de 12 % à 1,12 milliard d’euros, conforme aux attentes de l’entreprise, qui tablait sur une hausse d’au moins 10 %, en faisant aussi état de réservations d’hiver conformes à ses attentes, avec notamment une reprise en Turquie.

« Nous enregistrons pour la troisième année consécutive une croissance à deux chiffres du résultat d’exploitation », dont plus de la moitié provient de l’exploitation d’hôtels et de compagnies de croisières détenues en propre, a commenté Fritz Joussen, patron de TUI, cité dans un communiqué. Cette réorientation stratégique permet au groupe de dégager des marges plus élevées et moins dépendantes des saisons.

Actionnaire à 49 % du Groupe de voyage Sunwing, TUI a indiqué que les profits ont augmenté au Canada en raison d’un fort volume, ce qui comprend la contribution du groupe hôtelier. Sunwing est engagée dans une vaste expansion hôtelière, sous l’étiquette Blue Diamond.

Le géant européen du tourisme a également annoncé qu’il allait mettre en place des plans d’urgence dans le cadre de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne afin de répondre à d’éventuels problèmes, comme les droits d’atterrissage, les visas et l’évolution de la demande, a souligné l’agence Reuters. Fritz Joussen a noté que, si certaines destinations devenaient plus chères pour les Britanniques en raison d’une baisse de la livre sterling, la demande pourrait se déplacer vers des pays moins chers. Le groupe a en conséquence déjà augmenté son offre de chambres d’hôtel en Bulgarie et en Croatie.

On ignore pour le moment la réglementation qui s’appliquera aux transporteurs aériens après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, mais les compagnies ont averti qu’il leur faudrait plus de clarté sur le sujet au plus tard d’ici octobre 2018. Fritz Joussen a toutefois noté que TUI disposait déjà de cinq licences d’exploitation et n’avait donc pas besoin d’imiter easyJet, qui a sollicité une licence en Autriche pour protéger ses droits dans l’UE.