Banque Laurentienne: l’agence DBRS abaisse ses perspectives

La Laurentienne a réitéré que les rachats n’auront pas d’incidence majeure sur sa capacité de financement ainsi que ses activités.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La Laurentienne a réitéré que les rachats n’auront pas d’incidence majeure sur sa capacité de financement ainsi que ses activités.

L’agence DBRS envoie un avertissement à la Banque Laurentienne, qui pourrait devoir racheter jusqu’à 304 millions de dollars de prêts hypothécaires à un tiers à la suite d’anomalies divulguées la semaine dernière.

Sans toucher à la cote de crédit de l’institution financière, qui demeure à A (faible), l’agence de notation a fait passer lundi de « stables » à « négatives » ses perspectives à l’endroit de la septième banque en importante au pays. « Cela reflète les préoccupations de DBRS à l’égard de la qualité des mesures de contrôle à la Laurentienne à une période délicate dans le cycle immobilier, ainsi que sur les impacts des événements récents sur la réputation de la banque, de même que sur sa capacité à lever des fonds », explique l’agence torontoise.

Elle a néanmoins souligné que les prêts hypothécaires jugés problématiques obtiennent des performances à la hauteur des attentes de la banque et qu’ils ne concernent pas une région ou un courtier en particulier.

Dans sa note d’analyse, DBRS a justifié sa décision en indiquant que la Laurentienne s’appuie de façon importante sur les dépôts effectués par l’entremise de courtiers ainsi que sur les institutions de deuxième rang comme source de financement. « Il s’agit d’un risque advenant une détérioration marquée de sa réputation ou de la confiance du marché », a estimé l’agence de notation.

Les irrégularités — notamment de fausses déclarations effectuées par des clients — ont été découvertes au sein de la filiale B2B Banque, qui offre notamment des solutions hypothécaires résidentielles jugées non traditionnelles à des acheteurs dont le profil financier n’est pas accepté par une grande banque.

Irrégularités

Plus tôt cette année, la découverte d’irrégularités chez le prêteur alternatif Home Capital avait entraîné le dépôt d’accusations de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario et poussé l’entreprise dans une crise ayant menacé sa survie.

Lors d’une entrevue à la chaîne télévisée anglophone BNN la semaine dernière, le président et chef de la direction de la Laurentienne, François Desjardins, avait affirmé que l’institution qu’il dirige était dans une situation bien différente de celle de Home Capital.

Depuis la semaine dernière, la Laurentienne a réitéré que les rachats n’auront pas d’incidence majeure sur sa capacité de financement ainsi que ses activités. La banque, qui mène également un audit à travers son réseau de succursales, devrait préciser la somme des prêts hypothécaires à racheter d’ici environ deux mois.

Jusqu’à présent, à la suite des vérifications, la banque québécoise prévoit racheter pour 180 millions de prêts jugés problématiques, ce qu’elle peut faire avec les liquidités à sa disposition. Dans des documents déposés auprès des autorités réglementaires, l’institution a souligné que les prêts problématiques comptent pour 3,7 % du portefeuille de prêts hypothécaires vendus à des tiers.

« Aucun employé n’a été complice de fausses déclarations, et les problèmes relatifs à la documentation ne semblent pas intentionnels », a réitéré la Laurentienne, qui a dit avoir déjà resserré ses mesures de contrôle de la qualité.

Dans ses commentaires, DBRS souligne tout de même que les profits de la Laurentienne se trouvent sur une pente ascendante, ajoutant que cela est notamment attribuable à la croissance des prêts dans le secteur commercial, où les marges sont plus élevées.

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