En plein virage technologique, la Banque Nationale peine à pourvoir 400 postes

Louis Vachon, président et chef de la direction, n’a pas caché les difficultés que traverse l’entreprise en matière de recrutement.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Louis Vachon, président et chef de la direction, n’a pas caché les difficultés que traverse l’entreprise en matière de recrutement.

En plein virage technologique, à l’instar de plusieurs de ses concurrentes, la Banque Nationale peine à pourvoir près de 400 postes spécialisés dans le secteur des technologies de l’information.

Après avoir mis l’accent sur le contrôle de ses dépenses en 2017, ce qui s’est traduit par une importante restructuration, la sixième banque en importance au pays prévoit de continuer à bonifier l’offre numérique pour ses clients au cours des 12 prochains mois. « Par exemple, nous voulons qu’une hypothèque puisse se réaliser de bout en bout sur Internet et l’on cible 2018 pour cela », a expliqué vendredi son président et chef de la direction, Louis Vachon, au cours d’un entretien téléphonique visant à commenter les résultats annuels de la banque, qui a vu ses profits franchir la barre des 2 milliards pour la première fois de son histoire.

Mais pour mener à bien ces projets, la Banque Nationale est toujours à la recherche de personnel, et la main-d’oeuvre se fait rare du côté des ingénieurs informatiques et d’autres travailleurs spécialisés dans les technologies de l’information. M. Vachon n’a pas caché que le recrutement s’avérait plus ardu qu’anticipé. « Actuellement, le risque est gérable, mais il n’est pas à zéro, a-t-il expliqué lorsque questionné sur la possibilité que certains projets prennent du retard. Pour le moment, ce n’est pas un problème. »

Puiser ailleurs

Dans le contexte actuel de pénurie, le grand patron de la Banque Nationale ne s’est toutefois pas immiscé dans le débat entourant les crédits d’impôt gouvernementaux accordés à des entreprises, dont des géants étrangers. Au cours des derniers mois, certains dirigeants du Québec inc. ont critiqué cette mesure qui profite à de nombreuses entreprises du secteur des jeux vidéo.

« Notre responsable de la technologie recruté il y a quatre ans vient de Belgique, a dit M. Vachon à propos de la stratégie de son entreprise. Nous embauchons en Belgique ainsi qu’en France et nous allons devoir continuer de le faire. »

Dans le cadre de son offensive numérique, au cours du dernier exercice, la Banque Nationale a notamment déployé plus de 900 nouveaux guichets automatiques en plus de proposer une application mobile à ses clients commerciaux. Le nombre d’utilisateurs actifs sur les plateformes numériques a bondi d’environ 40 % pendant la dernière année financière, selon la banque.

Si la Banque Nationale a les yeux tournés sur la numérisation et l’automatisation, cela n’est toutefois pas synonyme d’une autre restructuration et de licenciements, assure son président et chef de la direction. « Pendant les 12 à 24 prochains mois, avec le roulement de personnel ainsi que les départs à la retraite, on ne s’attend pas à des changements importants en ce qui a trait au nombre d’emplois », a dit M. Vachon.

À l’automne 2016, la Banque Nationale avait fait part de son intention de supprimer 900 postes en 12 mois pour pouvoir investir davantage dans son offre numérique.