Pas de récession à court terme au Canada, estime la Banque Royale

Une des principales sources de préoccupation pour les autorités responsables de la politique monétaire a été la très forte poussée des prix de l’immobilier dans certaines régions canadiennes (comme à Toronto, sur la photo).
Photo: Carlos Bezz Getty Images Une des principales sources de préoccupation pour les autorités responsables de la politique monétaire a été la très forte poussée des prix de l’immobilier dans certaines régions canadiennes (comme à Toronto, sur la photo).

Le cycle économique actuel, qui a commencé en 2009, se fait long et on commence lentement à voir poindre le risque d’une récession à l’horizon, estime l’économiste en chef de la Banque Royale. Cette contraction de l’économie, cependant, n’est pas prévue dans les deux prochaines années.

À court terme, « les choses ont bonne allure », dit Craig Wright, rencontré lundi lors de son passage à Montréal pour faire une présentation à des clients de la banque. L’économie canadienne est en croissance et le marché de l’emploi prend de l’expansion. « Mais il y aura tôt ou tard une récession. »

À tout moment dans un cycle, le risque n’est jamais de zéro, dit M. Wright. « Il y a toujours un événement, le risque d’un choc au système, etc. » Selon l’équipe d’économistes du groupe RBC, la probabilité d’une récession se situerait entre 20 et 25 % sur un horizon de trois à cinq ans.

Cycle de huit ans

Un cycle économique désigne les étapes qui caractérisent l’évolution de l’économie d’une région donnée, c’est-à-dire l’expansion, le sommet, la contraction et le creux. Certains affirment que l’économie se trouve présentement dans la dernière ligne droite d’une expansion qui a commencé en 2009.

Après 1,6 % en 2016, la Banque Royale croit que l’économie canadienne va croître de 3 % cette année et de 2,1 % en 2018. La dernière grande récession remonte à 2009, année pendant laquelle l’économie canadienne s’était repliée de 2,5 %. Celle de 2015, que plusieurs ont qualifiée de « récession technique » car déclenchée par la chute des cours du pétrole, a tendance a être accompagnée d’un astérisque.

En ce qui concerne l’économie américaine, l’OCDE prévoit une croissance de 2,2 % cette année et de 2,5 % l’an prochain.

Une des principales sources de préoccupation pour les autorités responsables de la politique monétaire a été la très forte poussée des prix de l’immobilier dans certaines régions canadiennes, si bien que les autorités n’ont cessé d’adopter des mesures pour éviter des problèmes. Il y aura un refroidissement plutôt qu’un effondrement du secteur, croit Craig Wright.

« Je pense que les bases fondamentales soutiennent encore l’économie canadienne et l’immobilier, dit-il. On continue de voir des gains dans le marché du travail des villes où se situent les marchés immobiliers les plus forts. C’est un point positif. Les taux d’intérêt grimpent, mais ils sont encore relativement bas. Et la population continue de croître. »

L’endettement des ménages a également fait couler de l’encre depuis quelques années, notamment en raison du ratio de la dette par rapport au revenu. Comme d’autres, M. Wright n’y voit pas le meilleur moyen de calculer le phénomène, car on y compare une dette avec un revenu. En regardant les frais de service de la dette par rapport au revenu, on obtient une meilleure idée, dit-il, et ce ratio est relativement stable depuis plusieurs années.

Mercredi matin, le gouverneur de la Banque du Canada a dit que le « relèvement des taux d’intérêt » se fera dans un contexte de « renforcement des conditions du marché du travail, en particulier la croissance plus prononcée des salaires ». « Il va sans dire que nous suivrons cette situation de près », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Ottawa. Les salaires n’ont pas progressé au même rythme que l’économie, a-t-il indiqué il y a quelques semaines.

Le groupe RBC n’est pas le seul à évoquer un éventuel recul de l’économie. Il y a bel et bien un risque à moyen terme, selon la Banque Scotia. « Le ralentissement de la croissance au-delà de 2018 et l’incertitude autour des prévisions signifient qu’il y a un risque accru de faible croissance ou de récession (deux trimestres de contraction) en 2019-2022 », a écrit la Scotia le 20 novembre dernier.