Construction: les syndiqués soulagés et les entrepreneurs déçus de la décision de la ministre

Les secteurs industriel et commercial-institutionnel n’avaient pas réussi à s’entendre sur le renouvellement des conventions collectives à la date d’échéance du 30 octobre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les secteurs industriel et commercial-institutionnel n’avaient pas réussi à s’entendre sur le renouvellement des conventions collectives à la date d’échéance du 30 octobre.

Les travailleurs de la construction poussent un soupir de soulagement à la suite de la décision de la ministre du Travail, Dominique Vien, de limiter le mandat de l’arbitre au litige sur les salaires. Mais les entrepreneurs, eux, y voient une occasion ratée.

Comme deux secteurs de l’industrie, la construction, l’industriel et le commercial-institutionnel, n’ont pas réussi à s’entendre sur le renouvellement des conventions collectives à la date d’échéance du 30 octobre, la ministre du Travail doit déférer le tout à un conseil d’arbitrage. En vertu de la loi spéciale qui avait été adoptée pour mettre fin à la grève, le 30 mai dernier, la ministre devait déférer « le ou les différends » à l’arbitrage.

Or, une dizaine de points demeuraient en litige entre l’Alliance syndicale et l’Association de la construction du Québec, le 30 octobre dernier, a indiqué au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale. Parmi ces points, on trouve les questions de conciliation travail-famille et de la rémunération des heures supplémentaires, par exemple. Mais la ministre a choisi de limiter le mandat du conseil d’arbitrage à la seule question salariale, refusant ainsi de s’immiscer dans un processus de négociation privé entre les entrepreneurs en construction et l’Alliance syndicale.

« Présentement, ça fait juste nous rassurer. On salue le geste de la ministre, qui est venue envoyer un message clair aux parties qu’elle ne favorisera aucune demande, patronale ou syndicale. Puis elle envoie un message clair que les prochaines négociations doivent se régler aux tables de négociation », a commenté M. Trépanier.

Mais le président de l’ACQ, Francis Roy, s’est montré déçu. « Le gouvernement rate une occasion en or de régler une fois pour toutes des points litigieux qui perdurent depuis trop longtemps et qui plombent la compétitivité de l’industrie de la construction, a-t-il dit. Les employeurs seront ainsi privés d’une chance réelle de moderniser les conventions collectives dont certaines clauses sont archaïques. »