Un nouveau producteur de cannabis arrive en ville

Dale Wilesack analyse des plants de cannabis dans les installations de Aurora Cannabis.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Dale Wilesack analyse des plants de cannabis dans les installations de Aurora Cannabis.

Situé à 400 mètres de l’autoroute 40 à Pointe-Claire, en face d’un quartier résidentiel paisible, l’édifice anonyme n’attire pas le regard. Il n’a pas d’affiche. Et pourtant... Bienvenue chez Aurora, qui a décroché il y a quelques semaines le deuxième permis de production à être décerné au Québec en trois ans.

Au moment où les provinces se préparent à la légalisation du cannabis à des fins récréatives, Aurora a reçu la presse vendredi pour ouvrir les portes de son nouveau complexe, un labyrinthe de couloirs blancs parsemés de caméras de sécurité et de portes verrouillées qui ne visent qu’une chose : satisfaire aux exigences de Santé Canada.

Aurora Cannabis produit déjà du cannabis près de Calgary, dans un bâtiment de 55 200 pieds carrés, et est en train de construire une installation de 800 000 pieds carrés sur les terrains de l’aéroport international d’Edmonton. Si elle s’est retrouvée à Pointe-Claire, c’est parce qu’elle a acquis Peloton Pharmaceutiques, qui attendait son permis mais traversait des difficultés financières.

« Nous avons investi 11 millions, soit 7 millions pour acheter Peloton et plus de 3 millions pour achever les travaux du bâtiment et obtenir la licence de production auprès de Santé Canada », a dit le vice-président exécutif de l’entreprise, Cam Battley. « Nous travaillons maintenant sur le premier cycle de floraison pour nous soumettre à l’inspection gouvernementale afin d’avoir un permis de vente. »

Hydropothicaire est le seul autre producteur et vendeur autorisé au Québec. Ses installations, beaucoup plus grandes, se trouvent dans le secteur Masson-Angers de Gatineau, près de la rivière des Outaouais.

À Pointe-Claire, Aurora Vie, le nom du bâtiment, produira environ 4000 kg de cannabis par année et comptera sur un effectif de 40 à 50 employés. « Nous approvisionnerons le marché québécois et le marché canadien, mais aussi l’étranger, comme l’Europe et l’Australie, de même que tous les pays où le cannabis a été légalisé », a dit M. Battley.

Au Canada, selon le gouvernement fédéral, le registre de « clients inscrits » à la fin du mois de juin 2017 atteignait 201 000 personnes. Jusqu’ici, 76 licences de production ont été décernées.

Le caractère semi-résidentiel de l’endroit où se trouve le complexe d’Aurora dans l’ouest de l’île ne pose pas problème en matière de sécurité, car les règles imposées par Santé Canada sont déjà très strictes. Au coeur du bâtiment, par exemple, figure une salle en béton armé de « niveau 9 » capable de stocker?des?substances?contrôlées d’une valeur de 32 millions de dollars. La combinaison blanche et les protège-souliers sont de mise, tout comme les lunettes protectrices dans certaines pièces.

L’entreprise reconnaît toutefois qu’elle peut déranger. « Nous devons comprendre que tout le monde n’est pas super à l’aise encore avec l’idée d’un bâtiment de production de cannabis dans le quartier, a dit M. Battley. Dans les régions du pays, c’est une minorité. Mais nous la respectons. »

La journée a démarré dans la controverse lorsque le personnel à l’entrée a demandé aux visiteurs, dont faisaient partie les journalistes, de signer un formulaire de confidentialité rédigé en anglais seulement. Les médias n’ont pas eu à s’y soumettre mais la haute direction a par la suite exprimé son intention de respecter la loi 101 de manière intégrale.