Québec ajoute aux mesures déjà existantes pour réduire davantage la charge fiscale

Le ministère des Finances croit que la consommation augmentera de 1,3 milliard et que les investissements des entreprises augmenteront de 460 millions pour répondre à la demande générale.
Photo: Andrew Cribb Getty Images Le ministère des Finances croit que la consommation augmentera de 1,3 milliard et que les investissements des entreprises augmenteront de 460 millions pour répondre à la demande générale.

Le bouquet de mesures annoncées par le gouvernement Couillard depuis 2015 représente une baisse de près de 1300 $ de la charge fiscale pour un ménage de classe moyenne avec deux enfants, selon un expert en fiscalité de renom.

La mise à jour économique présentée mardi par le ministre des Finances prévoit notamment 100 $ par enfant pour les fournitures scolaires et une réduction du premier palier d’imposition de 16 % à 15 %.

En ajoutant la hausse du montant de base annoncée au printemps 2017 et l’annulation de la taxe santé, la baisse de la charge pour un ménage gagnant 50 000 $ avec deux enfants totalise 689 $, selon l’expert fiscaliste Luc Godbout. Pour un ménage dont le revenu est de 90 000 $, l’économie grimpe à 1266 $.

« Ce n’est pas rien. On ne peut pas le nier. C’est significatif », a dit M. Godbout, professeur à l’Université de Sherbrooke qui a été président de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise de 2014 à 2015.

Cela dit, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a annoncé en décembre 2014 une hausse de la taxe sur l’assurance automobile, passée de 5 % à 9 %. Pour une prime annuelle de 500 $, par exemple, cette mesure a fait passer la taxe de 25 $ à 45 $. Sans compter la modulation des frais de garderie.

Ainsi, pour un couple avec un enfant à l’école et un autre en garderie (et dont le revenu total est de 90 000 $), la charge fiscale a diminué de 622 $ depuis 2015. Un ménage gagnant 120 000 $, de son côté, débourse 321 $ de plus, ce qui grimpe à 1291 $ pour un ménage à 150 000 $.

Des milliards depuis 2015

Selon le gouvernement Couillard, la réduction de la charge fiscale des Québécois totalise 2,3 milliards depuis la présentation du plan économique de 2015.

C’est la première fois depuis 1988 que le premier palier d’imposition se trouve à 15 %, a dit M. Godbout, qui y voit un geste positif. En 2015, la Commission d’examen sur la fiscalité avait recommandé une baisse générale de l’impôt des particuliers en raison de la place importante qu’il occupe en proportion du PIB. Cette révision, avec un barème « plus progressif », se serait traduite par une baisse de 4,4 milliards. Elle proposait en contrepartie d’augmenter la taxe de vente du Québec de 9,975 % à 11 %.

L’impôt représente une part importante des revenus de l’État. Selon le budget 2017-2018, présenté en mars, les contribuables particuliers devaient envoyer à Québec 30,6 milliards cette année, comparativement à 19,7 milliards en taxes à la consommation et 7,2 milliards pour l’impôt des sociétés.

Le gouvernement Couillard avait laissé entendre cet été qu’il n’y aurait pas de baisses d’impôt dans un horizon à court terme. Le ministre Leitão avait alors évoqué l’idée de verser l’excédent de 2016-2017 (2,5 milliards) au fonds de stabilisation pour imprévus. « Nous aurons 4,7 milliards dans cette réserve », avait-il affirmé, selon La Presse canadienne. « S’il y a des accidents, nous n’aurons pas besoin de modifier notre cadre financier. »

Dans son document publié mardi, Québec indique qu’il va plutôt piger 250 millions dans cette réserve en 2017-2018 et 1,4 milliard en 2018-2019.

Par ailleurs, le gouvernement Couillard a cité mardi des « simulations » selon lesquelles la baisse du fardeau fiscal, qu’il estime à 1,1 milliard, « entraînerait une augmentation du PIB d’environ 1,5 milliard de dollars à long terme, sous l’effet notamment de la hausse du revenu disponible des ménages ».

Le ministère des Finances croit que la consommation augmentera de 1,3 milliard et que les investissements des entreprises augmenteront de 460 millions pour répondre à la demande générale. « Cette hausse de l’activité économique permettra de créer 14 485 emplois au Québec », peut-on lire.

3 commentaires
  • Dominique Roy - Abonnée 22 novembre 2017 07 h 48

    Je me suis réveillé ce matin en réalisant que le PLQ ressemble à l'industrie du pétrole. Chaque fois qu'il nous annonce une politique qu'il dit avantageuse pour la population, la plus vive méfiance s'empare de moi. L'esprit libéral est devenu tellement tordu, manigenceux, servile envers les grands capitalistes, méprisant envers la populace malhabile à comprendre les tours de passe-passe comptables destinées à rassurer les prévilégiers. Le PLQ est devenu un système politique malpropre, qui protège l'argent bien avant la population et qui fait des petits cadeaux comme on donnait des miroirs aux indiens pour voler leurs terres. Ce sont des faiseurs de pipelines en tous genres qui comme les multi-nationales, passent par-dessus la tête des comunautés.

  • Yvon Robert - Abonné 22 novembre 2017 09 h 29

    Un point de vue objectif

    Un gouvernement se fait élire pour mettre de l'ordre dans les finances de l'état, de remettre 50% des surplus, il le fait et on trouve le moyen de chialer.

    De plus il donne raison à Legault qui réclamait 1000$ de baisse d'impôt pour les familles, même à Lisée du PQ avec le 100$ pour le matériel scolaire.
    Le chialage ça se comprend quand 40% des contribuables ne paie pas d'impôt

  • André Bourbonnais - Abonné 22 novembre 2017 12 h 06

    Des baisses d'impôts pré-électorales.

    C'est toujours le même stratagème, on coupe ++++ les deux premières années au pouvoir et on donne un peu les mois avant les prochaines élections, quelque soit le parti au pouvoir. C'est une manière évidente qui se répète. J'espère que les gens n'oubliront pas la commission Charbonneau, les soupers chez M. Bibeau avec notre premier ministre actuel alors ministre de la Santé, M Charest et Mmes Beauchamps + Normandeau, avec des inénieurs de grosses firmes...deninez pourquoi ???