Champion compte lancer sa production en mars à la mine du lac Bloom

La production de concentré de fer de la mine du lac Bloom devrait atteindre 7,5 millions de tonnes par année.
Photo: Cliffs Natural Resources Inc. La production de concentré de fer de la mine du lac Bloom devrait atteindre 7,5 millions de tonnes par année.

Champion Iron Limited compte redémarrer en mars la production à la mine de fer du lac Bloom, près de Fermont, un peu plus de trois ans après la fermeture du site après que l’ex-propriétaire se fut placé à l’abri de ses créanciers.

Ainsi, vers Noël, la mine devrait compter quelque 450 employés. Près de 250 travailleurs ont déjà été embauchés afin de préparer le site — un fer de lance du Plan Nord.

Minerai de fer Québec — une filiale de Champion (TSX : CIA) — a achevé le montage financier de 350 millions, qui bénéficie d’un engagement de 51 millions de l’État québécois ainsi que d’un prêt de 100 millions $US de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Sprott Resource Lending a également consenti 80 millions $US sur cinq ans sous forme d’un prêt prioritaire.

« Ce n’est jamais facile d’amasser 350 millions pour démarrer un projet, mais les investisseurs ont rapidement cru au potentiel de la mine », a expliqué le vice-président à l’ingénierie de la société minière, David Cataford, mercredi, depuis Fermont, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

Celui-ci se trouvait sur la Côte-Nord en compagnie notamment du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, afin de procéder à l’annonce du redémarrage du site.

« Ce projet fait partie des initiatives qui contribueront de façon significative à la réussite du Plan Nord, a souligné le ministre. Il favorisera la mise en valeur de nos ressources naturelles de manière responsable, tout en mettant à profit notre main-d’oeuvre qualifiée. »

Québec avait injecté 20 millions dans le projet en 2016 en échange d’une participation de 36,8 % dans Minerai de fer Québec. Les investissements supplémentaires de 26,2 millions permettent à l’État québécois de conserver sa participation.

La production de concentré de fer de la mine du lac Bloom devrait atteindre 7,5 millions de tonnes par année. Deux clients — la société nipponne Sojitz ainsi que Glencore — comptent acheter l’ensemble de la production.

« Il y a déjà des mécaniciens qui travaillent à la mine, a expliqué M. Cataford. Nous ne pouvons pas encore démarrer l’usine, où est produit le concentré, avant mars parce qu’on change le circuit de récupération. »

La mine du lac Bloom a cessé ses activités en 2014 lorsque Cliffs Natural Resources avait décidé de quitter la région de la Côte-Nord en raison de la déprime des prix du fer. Champion avait par la suite payé 10,5 millions pour racheter les installations dans le cadre d’une liquidation supervisée par les tribunaux.

La société minière voit grand pour son site du lac Bloom, mais veut d’abord s’assurer d’atteindre sa pleine cadence à l’été avant de songer à des projets d’expansion.

Avec le prix de la tonne de fer qui se négocie à environ 61 $US, Champion ne s’attend pas à devoir réviser à la baisse certains de ses objectifs advenant un recul des cours de ce minerai, a expliqué son vice-président à l’ingénierie.

« Notre étude de faisabilité prévoit un projet rentable si la tonne se négocie à environ 50 $US », a-t-il dit.

Champion a pu profiter de la fermeture de la mine pour modifier le circuit de récupération du minerai de fer et pourra acheminer sa production par chemin de fer jusqu’aux installations de Pointe-Noire, à Sept-Îles.

« Dans le passé, Cliff devait utiliser un transbordeur afin de charger des bateaux, a expliqué M. Cataford. Cela faisait grimper les dépenses d’exploitation parce que le quai [multiusager] de Sept-Îles n’était pas encore prêt. »

Par ailleurs, celui-ci a expliqué que Champion ne songeait pas, pour le moment, à racheter la participation de l’État québécois dans Minerai de fer Québec même si le projet de relance du lac Bloom était sur le point de se concrétiser.