L’offre pétrolière n’est pas près de s’infléchir

Le champ pétrolifère Urucu, au Brésil. Même si l’augmentation de l’offre pétrolière des pays hors OPEP provient en majeure partie des États-Unis, le Brésil et le Canada devraient aussi fortement y contribuer.
Photo: Antonio Scorza Agence France-Presse Le champ pétrolifère Urucu, au Brésil. Même si l’augmentation de l’offre pétrolière des pays hors OPEP provient en majeure partie des États-Unis, le Brésil et le Canada devraient aussi fortement y contribuer.

Malgré une demande appelée à réduire son rythme de progression, l’offre pétrolière demeure bien présente. La production d’or noir des pays n’appartenant pas à l’OPEP, et notamment des États-Unis, va fortement progresser ces prochaines années, prévoit le cartel dans un rapport publié mardi.

L’offre mondiale d’hydrocarbures liquides (pétrole, gaz naturel liquéfié…) devrait grimper de 96,5 millions de barils par jour (mbj) cette année, à 101,1 mbj en 2020, puis atteindre 111,3 mbj en 2040, prévoit l’organisation des pays exportateurs de pétrole dans son rapport prospectif annuel.

L’offre des pays n’appartenant pas à l’OPEP a été revue à la hausse ces prochaines années : elle devrait croître de 57 mbj en 2016 à 62 mbj en 2022. Les trois quarts de cette augmentation proviennent des États-Unis, où le secteur du pétrole de schiste va continuer de croître après sa chute de 2016. Le Brésil et le Canada sont les autres pays qui devraient fortement contribuer à la progression de l’offre.

La prévision à plus long terme n’a toutefois pas été significativement modifiée. L’offre totale des pays hors du cartel devrait en effet décliner durant la période 2020-2040, la production de pétroles non conventionnels aux États-Unis devant atteindre un pic dans la deuxième partie des années 2020. « La demande pour le brut en provenance de l’OPEP reste relativement stable, juste au-dessus de 33 mbj jusqu’à 2025, date à laquelle le pétrole de schiste américain devrait atteindre un pic », estime le rapport.

L’offre de brut provenant du cartel doit ensuite progresser pour atteindre 41,4 mbj en 2040. La part de l’OPEP dans la production de liquides devrait ainsi au final augmenter, de 40 % en 2016 à 46 % en 2040.

Énergies vertes

Il faudra aussi être très patient avant de voir les énergies vertes occuper le haut du pavé dans l’économie mondiale. L’OPEP prédit certes une chute progressive de la demande, qui restera à une moyenne annuelle de 1,3 million de barils par jour entre 2016 et 2020, pour reculer à environ 300 000 barils par jour d’ici 2035-2040. Les hydrocarbures demeureront la principale source d’énergie jusqu’à nouvel ordre. L’organisation prévient ainsi que les énergies renouvelables connaîtront une « croissance exponentielle », mais qu’elles ne généreront « pas plus que 5,5 % de toute l’énergie de la planète d’ici 2040 ».

On y indique aussi que le recours aux hydrocarbures, qui représentaient encore 81 % de l’énergie utilisée en 2015, s’il chutera d’ici 2040, constituera même à ce moment-là 74 % de toute l’énergie utilisée mondialement.

Toute énergie confondue, dans une économie mondiale en croissance moyenne de 3,5 % par an d’ici à 2040, la demande globale d’énergie est projetée en hausse de 1,2 % en moyenne annuelle. Au total, le monde consommera donc 96 millions de barils équivalent pétrole (Mbep) de plus par jour en 2040, passant de 276 à 372 Mbep par jour (+35 % sur la période 2016-2040). Le taux de croissance le plus élevé concerne les énergies renouvelables, à 6,8 % par an pour atteindre une part du mix énergétique mondial de 5,5 % en 2040. À cette échéance, l’OPEP projette la part du gaz à 25 %, et celle du pétrole, qui resterait la première source d’énergie, à 27 %.

1 commentaire
  • Benoit Fournier - Inscrit 8 novembre 2017 03 h 19

    Hahahaha!

    Voilà bien des prédictions de gens qui se croient terre-à-terre! Je parie 1000 $ (en dollars de 2040) que la part des énergies renouvelables sera supérieure à ce que l'OPEP prédit (5,5 % du mix énergétique mondial en 2040). Ces gens-là ne voient visiblement pas les deux mouvements qui se dessinent contre leurs prédictions :

    - 1. L'effet boule de neige du mouvement pour les énergies renouvelables, qui pourrait aller bien plus vite qu'ils ne le pensent;

    - 2. Les catastrophes engendrées par les changements climatiques.

    Dans ce dernier cas, j'aime rappeler l'étude de Nature (2013) qui prédit des pertes de 60 000 milliards de dollars par année au cours du XXIe siècle. Nature, une revue scientifique parmi les plus crédibles. Pour les gens plus férus d'économie, Mark Carney, le directeur de la Banque d'Angleterre, est peut-être une source plus convaincante.

    Enfin, on règle nos comptes en 2040. Sans rancune. ;-)