Paradise Papers: Apple, Nike et Lewis Hamilton s’ajoutent à la liste

<p>Apple aurait utilisé le paradis fiscal de Jersey pour continuer à ne payer pas ou très peu d’impôts.</p>
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse

Apple aurait utilisé le paradis fiscal de Jersey pour continuer à ne payer pas ou très peu d’impôts.

Apple, Nike et le coureur automobile de Formule 1 Lewis Hamilton se sont ajoutés lundi à la liste des entreprises et personnalités mises en cause par les révélations des Paradise Papers sur des pratiques d’optimisation fiscale à l’échelle mondiale.

Apple aurait ainsi utilisé le paradis fiscal britannique de Jersey pour continuer à ne pas payer d’impôts ou très peu, après avoir dû mettre fin à des pratiques similaires en Irlande.

Le fabricant d’articles de sports Nike, de son côté, a créé des sociétés offshore aux Bermudes et c’est à ces sociétés que les filiales de Nike devaient verser des centaines de millions de dollars pour utiliser les droits sur la marque.

Avec les sommes importantes payées pour les licences, les bénéfices dans le monde du groupe ont été diminués et donc le montant des impôts payés par Nike.

Quant à Lewis Hamilton, le quadruple champion du monde de F1, il a utilisé une société-écran sur l’île de Man pour économiser la TVA lors de l’achat d’un nouveau jet privé de plus de 5,9 millions de dollars.

Pour des sanctions

Dix-huit mois après les Panama Papers portant sur la fraude fiscale, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), regroupant 96 médias de 67 pays, avait commencé dimanche à dévoiler sa nouvelle enquête après un an de travail basé sur la fuite de 13,5 millions de documents financiers, provenant notamment du cabinet international d’avocats Appleby, basé aux Bermudes.

L’Union européenne a jugé ces révélations choquantes, et a réclamé des « sanctions dissuasives ».

Ces papiers mettent également en cause les services de la reine d’Angleterre, le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, et des ministres brésiliens et russes.

Mais plusieurs des personnalités visées ont mis en avant la légalité de leurs investissements. M. Ross a ainsi affirmé qu’il n’y avait « absolument rien de répréhensible » au fait qu’il détienne 31 % des parts de Navigator Holdings, une société de transport maritime dont l’un des principaux clients est l’entreprise russe de gaz et de produits pétrochimiques Sibur.

Or parmi les propriétaires de Sibur figurent Guennadi Timtchenko, un proche du président russe, sanctionné par le Trésor américain après l’annexion de la Crimée, ainsi qu’un gendre de Vladimir Poutine, selon le New York Times.

2 commentaires
  • Gilbert Troutet - Abonné 6 novembre 2017 22 h 33

    Les amis du pouvoir

    On comprend pourquoi libéraux et conservateurs ont voté en 2016 contre une motion du député du Bloc québécois, Gabriel Ste-Marie.

    « Le 26 octobre 2016, explique Gabriel Ste-Marie, le Parlement canadien a rejeté une motion que j’avais présentée et qui visait à mettre un terme à l’évitement fiscal dans les paradis fiscaux. Le premier ministre Trudeau, ses ministres, tous les libéraux — sauf un — et tous les conservateurs ont voté contre. Les élus du Bloc Québécois, du NPD et du Parti vert ont voté pour.»

    À noter que cette motion avait été reprise par l’Assemblée nationale du Québec et adoptée à l’unanimité, tous partis confondus. Elle avait aussi reçu l’appui du collectif Échec aux paradis fiscaux, regroupant des organisations qui représentent les étudiants, travailleurs, infirmières, enseignants, fonctionnaires, consommateurs et citoyens du Québec.

    La motion M-42 dénonçait le recours légal aux paradis fiscaux par les banques et les entreprises. C’était la première fois que les élus du Parlement se prononçaient sur la question de l’évitement fiscal dans les paradis fiscaux.

    Le Toronto Star révèle entre autres que, parmi les amis du pouvoir à Ottawa, le milliardaire Stephen Bronfman a déposé 60 millions de dollars américains dans une société offshore aux îles Caïmans.

    Ceci explique sans doute cela.

  • Danielle Brossard - Abonnée 7 novembre 2017 10 h 25

    Paradis fiscaux

    Le simple geste de n’acheter que les produits issus d’une entreprise qui ne pratique pas l’évitement fiscal, tout en boycottant celles qui la pratiquent comme Apple et Nike en n’achetant plus leurs produits, serait déjà un premier pas pour dénoncer ce fléau mondial qui ne fait qu’accroître les inégalités socio-économiques à travers le monde. La responsabilité de vaincre ces inégalités n’appartient pas seulement à nos gouvernements, mais incombe aussi en grande partie aux consommateurs. Le pouvoir économique des entreprises est sans contredit dépendant du pouvoir des consommateurs. La balle est nécessairement dans le camp des consommateurs si les gouvernements ne démontrent pas de volonté politique à contrer ce mal des paradis fiscaux. D’où la nécessité de connaître les entreprises qui se livrent à cette pratique, bien que non illégale, mais indiscutablement amorale.