Jerome Powell prendra les rênes de la Fed

Le président Donald Trump a annoncé jeudi qu’il désignait Jerome Powell pour diriger la Fed.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Le président Donald Trump a annoncé jeudi qu’il désignait Jerome Powell pour diriger la Fed.

Washington — Homme du sérail, Jerome Powell, déjà haut responsable à la banque centrale américaine, a été nommé jeudi par Donald Trump pour la présider, signalant un certain souci de continuité.

À 64 ans, cet avocat et ancien banquier d’affaires, qui fut aussi un haut responsable du Trésor sous la présidence de George Bush père, avait été nommé en 2012 gouverneur de la banque centrale par le président démocrate Barack Obama. Ce républicain de l’establishment y avait été désigné en même temps qu’un autre gouverneur démocrate, Jeremy Stein, dans un geste de bonne volonté du gouvernement Obama afin de s’assurer de leur confirmation au Congrès et de donner satisfaction aux démocrates comme aux républicains.

À ce poste, il a travaillé avec l’ancien président de la Fed Ben Bernanke lorsque, à partir de 2013, la Réserve fédérale a commencé à ralentir ses achats d’actifs et son massif soutien à l’économie. Il a ensuite cohabité pendant quatre ans avec la démocrate Janet Yellen, la première femme à être nommée à la tête de la plus puissante banque centrale du monde et dont il a toujours approuvé les décisions monétaires.

« Il ne devrait pas y avoir de changement significatif de politique monétaire avec M. Powell », a commenté pour l’AFP Tim Duy, professeur d’économie, spécialiste de la Fed. « C’est un homme très capable de créer un consensus », assure pour sa part l’économiste de FTN Financial, Chris Low. « Les marchés devraient être soulagés par cette nomination vu qu’il incarne la figure d’un responsable stable et expérimenté qui favorise le statu quo sur les taux et la normalisation du bilan de la Fed », a ajouté Terry Sheehan, économiste à Oxford Economics.

L’ancien président de la Fed Ben Bernanke a écrit de lui qu’il avait « une réputation de modéré et de conciliateur ».

« Je pense que nous avons besoin de faire des choses pour soutenir une croissance plus forte à travers une main-d’oeuvre plus qualifiée, une productivité plus grande et une réglementation équilibrée », a affirmé M. Powell, ajoutant que « c’était la préoccupation numéro un qui [le] réveillait la nuit ».