Le Massif de Charlevoix deviendra le premier Village Club Med au Canada

Bien que Le Massif soit surtout reconnu pour le ski, Club Med entend en faire une destination quatre saisons.
Photo: Club Med Bien que Le Massif soit surtout reconnu pour le ski, Club Med entend en faire une destination quatre saisons.

Le Massif de Charlevoix se positionne pour jouer dans la cour des grands grâce à des investissements de 120 millions qui en feront le premier Village Club Med au Canada.
 

L’annonce en a été faite en grande pompe, jeudi, à Québec, en présence des dirigeants du Massif et de Club Med Amérique du Nord ainsi que de représentants des différents paliers de gouvernement.

Et comme si Dame Nature avait voulu souligner personnellement l’annonce, les promoteurs ont brandi des photos de la montagne qui, durant la nuit, avait reçu pas moins de 10 centimètres de neige.

La part du lion de l’investissement, soit 110 millions, sera consacrée à l’érection d’un complexe hôtelier de 300 chambres, dont certaines de grand luxe, à la base de la montagne, et les 10 millions restants iront à l’aménagement de la montagne. Des travaux qui peuvent désormais être mis en chantier, la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François étant sur le point de terminer, en novembre, deux années de travaux de réfection et de mise à norme de son réseau d’aqueduc et d’égouts.

Modèle quatre saisons

« C’est un gros plus pour nous autres ; ça nous permet de partir le développement immobilier au pied de la montagne », a indiqué le président du Groupe Le Massif, Claude Choquette, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Bien que Le Massif soit surtout reconnu pour le ski, Club Med entend en faire une destination quatre saisons en proposant, l’été, un terrain de jeu exceptionnel pour le plein air.

« C’est sûr qu’on n’aura pas le même achalandage l’été que l’hiver et la clientèle de l’été ne sera pas la même que celle de l’hiver », reconnaît M. Choquette, soulignant qu’on prévoit un taux d’occupation de 70 % l’été, comparativement à 85 % l’hiver.

« Il va y avoir beaucoup plus d’Européens l’été que l’hiver sur la montagne, explique le président. Ce sont des gens qui font beaucoup de vélo de montagne, de randonnée pédestre, et pour eux l’offre est exceptionnelle : le parc des Grands-Jardins, aller à Tadoussac voir les baleines, le parc des Hautes-Gorges-de la-Rivière-Malbaie, faire du kayak dans le fleuve Saint-Laurent. »

Les promoteurs de l’ambitieux projet prévoient une ouverture vers la fin de 2020.

Malgré l’ajout de suites de grand luxe, les habitués québécois qui fréquentent des Clubs Med dans des contrées plus exotiques ne seront pas dépaysés par le modèle québécois. Claude Choquette assure que la fourchette de prix sera la même qu’ailleurs dans la chaîne — moins le prix de l’avion — avec le même genre de services et d’organisation.

« Les gens qui fréquentent des Clubs Med aiment les activités organisées », dit-il.

« Il y a de plus en plus de familles qui y vont et ce qui les attire, c’est qu’il y en a pour tout le monde. Ça leur permet de ne pas tous être confinés à la même place. On est capables d’avoir des activités différentes pour satisfaire tout le monde et se retrouver ensuite pour les repas », rappelle M. Choquette en déclinant la recette qui a fait le succès du modèle Club Med.

Congestion sur la piste?
Quant à la possibilité que les habitués du Massif, les skieurs invétérés qui prisent son cachet de « secret bien gardé », soient bousculés par les touristes, Claude Choquette se fait rassurant.

Il fait valoir d’une part que l’achalandage actuel est de 190 000 jours/ski, que le Club Med devrait en ajouter environ 75 000 alors que la capacité d’exploitation du centre se situe entre 250 000 et 300 000. « On a encore beaucoup de place », insiste-t-il.

D’autre part, il souligne que les touristes et les « locaux » devraient en grande partie avoir une fréquentation complémentaire.

« Le gros de la clientèle arrive le samedi et repart le samedi suivant. Or, la grosse journée de ski pour notre clientèle actuelle, c’est le samedi. Il n’y aura pratiquement personne du Club Med sur la montagne cette journée-là, ce qui va permettre d’équilibrer l’achalandage. »

Ce projet créera 325 emplois directs et 400 emplois indirects, auxquels il faut ajouter 700 emplois durant la construction de l’hôtel.

De plus, on prévoit une hausse d’achalandage de 6 % à l’aéroport Jean-Lesage de Québec directement liée à la réalisation de ce projet.

Investisseurs privés
Un peu moins du tiers des sommes prévues, soit 36 millions, proviendra de prêts gouvernementaux, à hauteur de 10 millions d’Ottawa et de 26 millions de Québec.

Les investisseurs privés fourniront l’autre 70 % de la cagnotte. Ces investisseurs sont Club Med, Daniel Gauthier — qui est président du conseil d’administration du Groupe Le Massif — Guy Laliberté et Lune Rouge, le Groupe Germain et l’entrepreneur beauceron Pierre Thabet, tous des membres investisseurs du Groupe Le Massif.

Fait à noter, Daniel Gauthier est, avec Guy Laliberté, l’un des cofondateurs du Cirque du Soleil qui a vu le jour à Baie-Saint-Paul en 1984. Guy Laliberté s’est d’ailleurs joint à Daniel Gauthier il y a plusieurs années dans le groupe qui détient le Massif.

« Ce sont deux gars qui aiment contribuer à développer des projets, à développer la région. Ça les anime ! », lance Claude Choquette, ajoutant que les deux hommes sont très attachés à la région de Charlevoix.

Le projet ne pèche pas par modestie : ses promoteurs prévoient un achalandage de 50 000 clients et 210 000 nuitées vendues par année.

1 commentaire
  • Michel Lebel - Abonné 2 novembre 2017 20 h 48

    Rentable?

    J'ai de sérieux doutes sur la rentabilité de ce projet. Le Manoir Richelieu, même avec un casino, n'est pas très rentable. Alors...

    M.L.