Négos dans la construction: pas d’entente à l’échéance de la loi spéciale

Des travailleurs de la construction, le 25 mai dernier pendant la grève. La loi spéciale avait mis fin à la grève le 30 mai et donnait aux parties concernées jusqu’au 30 octobre pour conclure une entente.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Des travailleurs de la construction, le 25 mai dernier pendant la grève. La loi spéciale avait mis fin à la grève le 30 mai et donnait aux parties concernées jusqu’au 30 octobre pour conclure une entente.

Le syndicat qui représente les travailleurs de la construction a annoncé peu après minuit, mardi, ne pas avoir été en mesure de conclure une entente pour renouveler les conventions collectives dans les secteurs industriel et commercial-institutionnel.

La loi spéciale, qui avait mis fin à la grève de la construction, le 30 mai dernier, donnait à l’Alliance syndicale et aux associations patronales concernées jusqu’au 30 octobre pour conclure une entente de principe, en médiation. Or la médiation s’est conclue à minuit sans qu’une entente ait pu avoir lieu. Par communiqué, le porte-parole de l’Alliance syndicale, Michel Trépanier, a déclaré que « la partie patronale avait répété qu’elle irait jusqu’à l’arbitrage pour obtenir gain de cause ».

Toutefois, l’Alliance syndicale avait déjà réussi à s’entendre avec l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation (APCHQ) pour ce qui est de la construction résidentielle et avec l’Association des constructeurs de routes et grands travaux (ACRGTQ) pour ce qui est du génie civil et de la voirie.

La ministre responsable du Travail, Dominique Vien, a déploré le fait que, malgré une période de prolongation des négociations de cinq mois dans l’industrie de la construction et plus de 80 rencontres de conciliation et médiation, les parties patronale et syndicale des secteurs institutionnel-commercial et industriel n’ont toujours pas réussi à s’entendre. « Les parties avaient tous les outils en main pour en arriver à une entente négociée […] Devant l’impasse qui persiste, nous n’avons d’autre choix que d’appliquer les suites de la loi spéciale et d’envoyer les parties en arbitrage. »

Arbitre

La loi 142 prévoit qu’à défaut d’une entente, c’est un arbitre ou un conseil d’arbitrage qui devra déterminer les conditions de travail. Il appartiendra à la ministre du Travail, Dominique Vien, de déterminer les matières qui devront faire l’objet de l’arbitrage.

« Nous espérons maintenant que la ministre, Dominique Vien, ne donnera pas aux patrons ce qu’ils désirent depuis le début, c’est-à-dire un arbitrage sur le temps supplémentaire, les horaires de travail et la reprise des heures perdues pour intempéries », a conclu Michel Trépanier.

Pour sa part, l’Association de la construction du Québec (ACQ) a publié en fin de nuit un communiqué faisant part de sa vive déception devant l’échec du processus de médiation. Elle impute cet échec à la partie syndicale qui, écrit-elle, a refusé systématiquement de discuter des demandes patronales et a miné la négociation à propos de l’arbitrage.

L’Association soutient que ses demandes de flexibilité des travailleurs sont justifiées puisque les secteurs industriel et commercial-institutionnel sont très sensibles à la concurrence et aux coûts. Les employeurs sont mécontents que ces enjeux perdurent d’une négociation à l’autre, car la non-mobilité de la main-d’oeuvre de même que la flexibilité des horaires et le niveau actuel de la rémunération des heures supplémentaires s’avèrent des entraves lourdes et coûteuses.

L’arbitre devra rendre sa sentence d’ici le 30 avril prochain. Et celle-ci sera en vigueur jusqu’au 30 avril 2021.

L’industrie de la construction dans son ensemble compte 175 000 travailleurs.

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