La vulnérabilité du marché immobilier canadien reste concentrée

La demande de logements serait stimulée en 2018 et en 2019 au Québec en raison de la forte croissance de l’emploi et de la rémunération.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La demande de logements serait stimulée en 2018 et en 2019 au Québec en raison de la forte croissance de l’emploi et de la rémunération.

La vulnérabilité du marché immobilier canadien demeure l’affaire de quelques poches de surchauffe. Au Québec, la forte croissance de l’emploi stimulera la demande de logements au cours des deux prochaines années.

Dans son dernier survol trimestriel du degré de tension du marché immobilier des grandes régions canadiennes, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) conclut que le marché canadien de l’habitation demeure grandement vulnérable. Cette surchauffe se concentre dans les grandes régions de Toronto, Hamilton, Vancouver, Victoria et Saskatoon, qui présentent des signes de surévaluation et d’accélération des prix.

Sur l’ensemble canadien, « les signes de construction massive sont faibles, mais la situation est de plus en plus inquiétante à Calgary, Edmonton et St. John’s », ajoute l’institution fédérale. L’offre de logements neufs et invendus y est plus importante que la demande.

Recul des mises en chantier

La SCHL estime qu’« après avoir augmenté en 2017, les mises en chantier devraient baisser d’ici 2019, mais demeurer près des moyennes des cinq dernières années ». Sur le marché de la revente, « les ventes MLS de logements existants descendront du sommet record de plus de 535 000 qu’elles ont atteint en 2016 ». Et le prix moyen « devrait s’accroître au cours de l’horizon prévisionnel, mais à un rythme plus modéré que durant les quatre dernières années. Il devrait se situer entre 493 900 et 511 300 $ en 2017 et entre 499 400 et 524 500 $ avant la fin de 2019. »

Au Québec

Sur une base régionale, le Québec devrait se démarquer, s’appuyant sur la forte croissance de l’emploi et de la rémunération. La demande de logements devrait ainsi s’en trouver stimulée en 2018 et en 2019. « Par conséquent, le resserrement du marché de la revente se poursuivra dans la province, et les prix devraient augmenter. Par ailleurs, le vieillissement de la population continuera de soutenir la construction d’appartements. »

Pour la région métropolitaine de recensement de Montréal, le degré de vulnérabilité est demeuré faible au deuxième trimestre de 2017. Cela vaut pour les signes de surévaluation des prix, de construction excessive, de surchauffe et d’accélération des prix. La SCHL conclut que les prix restent près des niveaux dictés par les facteurs économiques et démographiques.

Aussi, le nombre de mises en chantier affichera une légère tendance à la hausse jusqu’en 2019, soutenu par la construction de logements locatifs et de copropriétés. Il en sera ainsi du nombre de transactions sur le marché de la revente, résultant principalement de la croissance de l’emploi à temps plein prévue chez les 25 à 44 ans, pronostique la SCHL.

Dans celle de Québec, tous les signaux sont également à des niveaux faibles, sauf celui portant sur la construction excessive, qui se veut modéré. Là-bas, le marché des copropriétés demeure toutefois fortement à l’avantage des acheteurs, provoquant une pression à la baisse sur les prix dans ce segment. Pour la suite, « après une année 2017 particulièrement active, le marché du neuf sera moins dynamique au cours des deux prochaines années ». En revanche, le marché de la revente poursuivra sa tendance haussière d’ici 2019, soutenue également par la croissance de l’emploi.

Dans la région d’Ottawa, le marché est demeuré en signe modéré de construction excessive, sous l’impulsion d’une accumulation de copropriétés achevées et invendues. À l’extérieur de ce segment, les conditions sont devenues favorables aux vendeurs. Selon les projections, la SCHL prévoit pour Gatineau une progression des mises en chantier alimentée par une demande de logements soutenue, le locatif étant pressenti pour jouer un rôle moteur. Sur le marché de la revente, la croissance des prix sera plus élevée que celle observée ces dernières années.

1 commentaire
  • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2017 09 h 16

    Et la taxe ?

    M. Bérubé,

    il me semble difficile de parler de hausse immobilière au Québec sans parler de la taxe foncière imposée aux étrangers en Colombie Britannique.

    Depuis sa levée, les placements immobiliers en provenance d'Asie se déplacent vers l'est. l'Alberta, oui, l'Ontario aussi, et le Québec.

    Les ravages des placements étrangers à Vancouver sont connus et catastrophiques dans l'immobilier. Oh! Les propriétaires, eux, sont bien contents. Mais les futurs propriétaires un peu moins...

    Je ne souhaite pas que n'importe quel bungalow de la région de Montréal se vende plus d'un million de dollars, comme à Vancouver. Or, c'est ce qui arrivera si le gouvernement ne se décide pâs à agir comme Victoria.

    Ce n'est pas le marché qui décide dans ce cas. C'est la finance. Des gens veulent faire sortir leur argent de leur pays et s'assurer d'un pied-à-terre ailleurs.

    Parler uniquement du marché comme s'il était en circuit fermé ne mène nulle part.

    Les prévisions que vous soumettez ne signifient à peu près rien tant que le Québec ne se sera pas armé contre une hausse plus que prévisible et nocive pour des raisons personnelles, les nouveaux ménages, et économiques pour raison de déstabilisation.