Washington impose de nouvelles mesures de sécurité aérienne

Neuf aéroports canadiens offrent le prédédouanement américain.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Neuf aéroports canadiens offrent le prédédouanement américain.

De nouvelles mesures de sécurité auxquelles devront se soumettre dès aujourd’hui les passagers qui se dirigent vers les États-Unis n’inquiètent pas les transporteurs canadiens mais font sourciller ailleurs dans le monde.

Les exigences, qui se traduiront notamment par des entretiens de sécurité aux comptoirs d’enregistrement ou d’embarquement, ont été annoncées en juin lorsque Washington a annulé l’interdiction des appareils électroniques sur les vols en provenance d’une dizaine de villes du Moyen-Orient et du nord du continent africain.

Selon les médias américains, les mesures affectent environ 280 aéroports et 180 transporteurs aériens dans 105 pays.

« Tous les clients voyageant à bord de vols Air Canada à destination des États-Unis passent par le processus de prédédouanement des douanes des États-Unis dans les aéroports canadiens, a indiqué une porte-parole du transporteur, Isabelle Arthur. Ainsi, ils ont déjà passé les contrôles douaniers américains au moment d’embarquer à bord de nos avions. »

Neuf aéroports canadiens offrent le prédédouanement américain. C’est également le cas pour quatre aéroports des Caraïbes (un aux Bahamas, deux aux Bermudes et un à Aruba), deux en Irlande et un aux Émirats arabes unis.

WestJet est « au courant des nouvelles règles de sécurité » et « continue de travailler de près avec les autorités américaines »,a dit une porte-parole de l’entreprise de Calgary. « À l’heure actuelle, nous ne prévoyons aucun impact immédiat sur nos clients qui voyagent aux États-Unis. »

« Les mesures de sécurité concernent tous les individus, passagers internationaux comme citoyens américains voyageant vers les États-Unis à partir d’une destination internationale, a indiqué à l’Associated Press une porte-parole de l’Administration de la sécurité des transports. Ces nouvelles mesures toucheront tous les vols aux aéroports qui sont un dernier point de départ en route vers les États-Unis. »

Selon ce qu’Air France a indiqué à l’Agence France-Presse, « 100 % des passagers au départ de Paris et les passagers en correspondance sur les vols Air France » devront remplir un questionnaire. « Au-delà du questionnaire, on nous demande aussi des mesures de sûreté supplémentaires autour de l’avion, cabine et soute, avant le départ. » D’autres transporteurs évoquent un bref entretien et prévoient d’avertir leurs clients qu’il faudra peut-être plus de temps à l’aéroport.

Consternation à l’international

Le nouveau plan américain a eu des échos jusqu’à Taipei, où l’industrie aérienne était réunie pour l’assemblée annuelle des transporteurs. Les mesures doivent absolument reposer sur l’évaluation du risque et prendre en compte les conséquences, a indiqué l’Association des transporteurs de l’Asie-Pacifique. « Les actions unilatérales prises par des gouvernements individuels réagissant à des menaces émergentes peuvent se solder par des perturbations inutiles ou mener à des conséquences involontaires en matière de sécurité », a-t-on indiqué dans une position officielle.

« Ce que nous avons vu est très étrange,a dit en marge de cette réunion le président de l’Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac. Des mesures unilatérales prises sans consultation… C’est très dérangeant. »

M. de Juniac s’était personnellement montré très sceptique quant à la valeur réelle que comportait l’interdiction des appareils électroniques dans la cabine. Cela aurait potentiellement pour effet de renvoyer dans la soute des piles au lithium alors que l’industrie a essayé d’empêcher qu’elles se retrouvent là à cause des risques d’explosion.

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