Ottawa refuse de resserrer les ratios d’agents de bord

Dans un rapport publié cet été, le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités a recommandé qu’Ottawa «révise le rapport actuel de 50 : 1 […] en mettant la sécurité des Canadiens en tête de liste des priorités».
Photo: Getty Images Dans un rapport publié cet été, le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités a recommandé qu’Ottawa «révise le rapport actuel de 50 : 1 […] en mettant la sécurité des Canadiens en tête de liste des priorités».

Le gouvernement fédéral fait fausse route en refusant de resserrer le ratio qui balise le nombre de passagers pour chaque agent de bord, affirme le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Les transporteurs peuvent faire décoller un avion avec un agent de bord pour chaque tranche de 50 passagers, alors que ce ratio était d’un pour 40 il y a quelques années jusqu’à ce que des entreprises commencent à demander des exemptions pour les appareils monocouloir.

Dans un rapport publié cet été, le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités a recommandé qu’Ottawa « révise le rapport actuel de 50:1 […] en mettant la sécurité des Canadiens en tête de liste des priorités ». Dans sa réponse le 18 octobre, le ministre des Transports a dit que son gouvernement n’est pas d’accord.

« Les ratios d’agents de bord actuels de 1:40 passagers ou de 1:50 sièges passagers constituent des normes internationales bien établies », a écrit le ministre Marc Garneau. « Transports Canada […] a déterminé que le ratio de 1:50 sièges passagers permet d’offrir un niveau de sécurité adéquat. »

Quand le ministère des Transports a permis à Air Canada de modifier son ratio d’agents de bord à l’été 2014, le SCFP s’est tourné vers la Cour fédérale. « En cas d’avions au maximum de leur capacité, cela signifie un agent de bord en moins sur plusieurs vols d’Air Canada », avait-il écrit dans sa requête. « Dans certains cas, cela veut dire qu’une des portes de sortie ne serait pas supervisée par un agent de bord lors d’une évacuation. »

Comme les conservateurs avant eux, les libéraux ont choisi de faire passer les profits des compagnies aériennes avant la sécurité des passagers


Cette cause est toujours devant la Cour fédérale, a indiqué lundi le SCFP, qui représente environ 11 500 agents de bord chez plusieurs transporteurs canadiens, dont Air Canada, Sunwing et Transat.

« La sécurité des passagers est en danger et nous continuerons à nous battre pour le retour au ratio du 1 pour 40 qui est éprouvé sur le plan de la sécurité », a déclaré dans un communiqué le président de la division du transport aérien du SCFP, Martyn Smith. Selon lui, « comme les conservateurs avant eux, les libéraux ont choisi de faire passer les profits des compagnies aériennes avant la sécurité des passagers ».

Porte sans surveillance

L’hypothèse d’un cas d’urgence sans agent de bord pour surveiller une porte — et que la décision d’ouvrir ou non repose sur les épaules d’un passager — a figuré dans le rapport du Comité permanent des transports cet été. « Le Comité a appris que, selon les études réalisées sur les accidents, les passagers n’ont pas la formation nécessaire pour prendre cette décision et peuvent mettre les autres passagers en danger s’ils décident à tort d’ouvrir une porte obstruée », a écrit le Comité présidé par la députée libérale Judy Sgro.

La modification du ratio permettrait à Air Canada de réaliser des économies annuelles d’environ 30 millions, a écrit le quotidien National Post en juillet 2014.

Le ministre Garneau a indiqué au Comité que le gouvernement est d’accord avec plusieurs autres recommandations contenues dans le rapport. Ainsi, le Comité suggère d’inviter l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à « mener un audit approfondi du système canadien de surveillance de l’aviation civile ». Ottawa est également d’accord avec l’idée de publier un suivi annuel de la mise en oeuvre des gestes faits par Transports Canada après l’examen de l’OACI.