La production européenne de vin au plus bas historique en 2017

Ce recul est principalement le fait des trois plus gros bassins de production: Italie (–21%), France (–19%) et Espagne (–15%).
Photo: Patrick Hertzog Agence France-Presse Ce recul est principalement le fait des trois plus gros bassins de production: Italie (–21%), France (–19%) et Espagne (–15%).

La France avait esquissé la tendance cet été, avec la plus faible récolte de l’après-guerre : c’est désormais toute l’Europe du vin qui fait grise mine, avec une production attendue au plus bas historique cette année.

La production européenne de vin, affectée par des aléas climatiques, va baisser de 14 % en 2017 par rapport à la récolte précédente, a indiqué jeudi FranceAgriMer, qui se base sur des chiffres de la Commission européenne.

Ce recul, qui aboutit à une production historiquement basse, est principalement le fait des trois plus gros bassins de production : Italie (–21 %), France (–19 %) et Espagne (–15 %), selon l’organisme public.

La Commission estime à 145 millions d’hectolitres la production globale de vin dans l’Union européenne des 28, en baisse de 14 % également par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Avec 40 millions d’hectolitres, l’Italie reste le premier producteur du continent, devant la France à 36,9 millions et l’Espagne à 36,8 millions.

Alors que cette baisse fait d’ores et déjà de ce millésime européen, comme en France, le plus faible volume de l’après-guerre, « les professionnels, eux, pensent que ces estimations sont encore supérieures à ce que va être le résultat définitif », a indiqué Anne Haller, déléguée pour les filières viticole et cidricole à FranceAgriMer.

Des « ajustements » qui pourraient se traduire par « encore 2 ou 3 millions d’hectolitres de moins pour la récolte européenne », a-t-elle indiqué.

En France, la production du Bordelais, qui a subi un repli de 45 %, pourrait encore être revue à la baisse.

Gel et sécheresse

« Les vendanges se terminant, on se rend compte que les conséquences liées à la sécheresse et au gel affectent encore plus la production », confirme Jérôme Despey, viticulteur en Languedoc-Roussillon et responsable de la viticulture au syndicat agricole FNSEA.

« Il faut avant tout qu’on arrive à préserver nos parts de marché. Pour cela, on a des stocks fort heureusement », déclare-t-il.

Alors qu’au printemps, l’afflux de vins espagnols dans les supermarchés français avait suscité de nombreuses manifestations dans le sud de la France et créé de fortes tensions de part et d’autre des Pyrénées, il est persuadé que la remontée des prix espagnols va aboutir à une revalorisation des prix payés aux producteurs français.

En revanche, il est « particulièrement inquiet » de la baisse de potentiel de production dans certaines régions : « Quand on fait des pertes de production de 30, 40 %, jusqu’à 90 %, même s’il y a une évolution des prix, ça ne compensera jamais », prévient-il, d’autant que les vignerons français sont très peu assurés.

1 commentaire
  • Raymond Chalifoux - Abonné 20 octobre 2017 07 h 33

    Ben cou donc...

    ... avec des rendements aussi bas, peut-être qu'enfin les vins de caves coop seront qualitativement un peu au-dessus du.. linoléum.... On jase...