Le groupe minier Rio Tinto et deux anciens responsables inculpés de fraude

L'ex-dirigeant de Rio Tinto, Thomas Albanese, en Chine en 2010
Photo: Feng Li Archives Agence France-Presse L'ex-dirigeant de Rio Tinto, Thomas Albanese, en Chine en 2010

Sydney — Le géant minier anglo-australien Rio Tinto et deux de ses anciens dirigeants ont été inculpés de fraude par les autorités américaines pour avoir gonflé les actifs de charbon de la firme au Mozambique, a annoncé le groupe mercredi.

L’inculpation est consécutive à une plainte déposée par le gendarme américain de la Bourse, la SEC, auprès d’un tribunal de Manhattan, a indiqué Rio Tinto dans un communiqué. Thomas Albanese et Guy Elliott, qui étaient respectivement p.-d.g. et directeur financier au moment des faits, sont accusés de ne pas avoir respecté les normes comptables en vigueur.

« Rio Tinto pense que la plainte de la SEC n’est pas fondée et que, lorsque tous les faits seront étudiés par le tribunal, ou si nécessaire au pénal, les allégations de la SEC seront rejetées », ajoute le deuxième groupe minier mondial, qui assure vouloir se défendre « vigoureusement ».

La SEC reproche à Rio Tinto ainsi qu’à Thomas Albanese et Guy Elliott de n’avoir pas tenu compte des avertissements de responsables opérationnels concernant une filiale mozambicaine acquise en 2011. Celle-ci avait été acquise pour 3,7 milliards de dollars avant d’être revendue peu de temps après pour seulement 50 millions.

Au moment de l’acquisition, Rio Tinto faisait le pari que les mines du charbon au Mozambique allaient lui rapporter énormément, mais le groupe aurait vite déchanté après s’être vu refuser un permis par le gouvernement mozambicain.

Cette dernière décision a considérablement joué sur la valeur des actifs, d’autant que les infrastructures de transport étaient absentes.

Face à ces difficultés, MM. Albanese et Elliott auraient décidé de dissimuler cette perte de valeur aux investisseurs, accuse la SEC.

« Ils ont cherché à retarder voire à cacher la nature et l’étendue de ces développements négatifs au conseil d’administration, au comité d’audit, aux auditeurs indépendants et aux investisseurs », affirme le gendarme américain de la Bourse.

« Ils ont essayé de sauver leurs carrières aux dépens des investisseurs en dissimulant la vérité », fustige Steven Peikin, un des responsables de la SEC. La manoeuvre aurait duré de mai 2012 à janvier 2013, jusqu’au départ de M. Albanese de la direction de Rio Tinto.

1 commentaire
  • Nadia Alexan - Abonnée 17 octobre 2017 23 h 27

    La corruption est endémique chez les multinationales.

    Ce n'est pas surprenant. L'arrogance de cette entreprise est proverbiale. La corruption est endémique auprès de ces multinationales. C'est rare qu'elles soient attrapées et pénalisées. La transparence n'est pas l'une de leurs qualités.