Airbus acquiert une participation majoritaire dans la CSeries de Bombardier

Selon l'entente conclue lundi, le siège de la production du programme phare de Bombardier restera au Québec.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Selon l'entente conclue lundi, le siège de la production du programme phare de Bombardier restera au Québec.

Deux ans après des discussions qui ont avorté, le géant européen Airbus prend le contrôle de la CSeries de Bombardier en devenant l’actionnaire majoritaire de ce programme.

Les deux avionneurs ont annoncé une entente de principe, lundi soir, quelques jours après que les États-Unis eurent imposé des tarifs punitifs préliminaires d’environ 300 % sur la CSeries à la suite d’une plainte de Boeing — le rival d’Airbus.

Si le siège social de la société en commandite de la CSeries demeurera au Québec, c’est toutefois dans l’État américain de l’Alabama que sera implantée la deuxième ligne d’assemblage de l’avion pouvant transporter de 100 à 150 passagers.

Actuellement, l’assemblage final de cette famille d’avions s’effectue dans les installations de la multinationale québécoise situées à Mirabel, dans les Laurentides.

Un partenariat «parfait»
Ce partenariat devrait contribuer à faire diminuer significativement les coûts de production de la CSeries en bénéficiant de l’expertise de la société européenne, font valoir les deux entreprises.

« Cela permettra à la CSeries d’accéder à un autre niveau, a commenté le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, au cours d’une conférence téléphonique. C’est le partenariat parfait pour nous, le Québec et le Canada. »

Le grand patron de l’avionneur a affirmé que la nouvelle ligne d’assemblage aux États-Unis n’allait pas faire disparaître des emplois à Mirabel.

« Notre rythme de production est encore faible et il doit augmenter, a dit M. Bellemare. Airbus va accélérer l’élan au chapitre des ventes. Nous croyons pouvoir décrocher plus de commandes sous l’égide d’Airbus qu’en continuant seuls. »

De son côté, le chef de la direction d’Airbus, Tom Enders, a évoqué une transaction « gagnante » pour tous les joueurs impliqués.

Il a indiqué que les discussions entre les deux parties ont débuté en août, ajoutant que la dispute commerciale entre Bombardier et Boeing n’avait rien à voir avec le rapprochement des deux entreprises.

Selon M. Enders, le partenariat permettra de consolider les activités entourant la CSeries au Canada et au Royaume-Uni en plus de créer de nouveaux emplois aux États-Unis.

Pérennité du programme
Pour sa part, la ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade, a estimé que l’annonce vient confirmer la pérennité du programme de la CSeries et qu’elle devrait profiter à l’industrie aéronautique québécoise.

« Dans le contexte actuel, ce partenariat avec Airbus est, pour nous, la meilleure solution afin de s’assurer que la création d’emplois puisse continuer », a-t-elle fait savoir par voie de communiqué.

La participation du gouvernement du Québec dans le programme phare de Bombardier, en vertu de son investissement de 1 milliard $ US, passera ainsi de 38 % à 19 %.

À la clôture de la transaction, Airbus doit acquérir une participation de 50,01 %. Bombardier détiendra environ 31 %.

Le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a pour sa part affirmé qu’« à première vue, le nouveau partenariat […] aiderait à mettre la CSeries sur la voie du succès ».

Le ministre fédéral a rappelé que le gouvernement doit évaluer si une entente de cette envergure est dans l’« intérêt national », étant assujettie à la Loi sur Investissement Canada.

En vertu de cette loi qui est de son ressort, M. Bains a indiqué qu’il évaluera « dans quelle mesure [l’entente] profitera aux Canadiens, viendra soutenir notre secteur de l’aérospatiale et créera de bons emplois ».

« La CSeries s’impose à la tête de l’industrie sur le plan de la conception, du rendement et des normes environnementales. C’est la référence en matière d’excellence dans la catégorie des avions à fuselage étroit, et une innovation canadienne de pointe. Il n’est pas étonnant que la CSeries suscite de l’intérêt de toutes parts », a déclaré le ministre par communiqué.

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