Rémunération: l’atteinte de la parité n’est pas pour demain

Une salariée à temps plein gagne en moyenne mensuellement 14,3% de moins que son homologue masculin, un taux quasiment inchangé ces dernières années dans la zone OCDE. 
Photo: iStock Une salariée à temps plein gagne en moyenne mensuellement 14,3% de moins que son homologue masculin, un taux quasiment inchangé ces dernières années dans la zone OCDE. 

Paris — Les femmes gagnent en moyenne 15 % de moins que les hommes dans les pays de l’OCDE, un écart qui peine à se réduire et qui constitue « un obstacle majeur à une croissance économique inclusive », selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques publiée mercredi.

Une salariée à temps plein gagne en moyenne mensuellement 14,3 % de moins que son homologue masculin, un taux quasiment inchangé ces dernières années dans la zone OCDE, indique mercredi l’Organisation dans un rapport intitulé « Atteindre l’égalité femmes-hommes : un combat difficile », basé sur des chiffres de 2015.

14,3 %
C’est l’écart moyen entre ce qu’une salariée et son homologue masculin gagnent mensuellement.
Source : OCDE

L’Inde (56 %), l’Afrique du Sud (41 %) et la Corée du Sud (37 %) sont les trois pays où l’écart pour un emploi salarié à temps plein est le plus grand. Au bas du tableau, avec moins de 4 % d’écart, figurent le Costa Rica, le Luxembourg et la Belgique. La France se situe autour de 10 %, et le Canada à 25 %.

En 2010, l’écart moyen était de 14,6 % pour cette zone.

« Très peu de progrès ont été accomplis ces cinq dernières années et les inégalités persistent entre femmes et hommes dans tous les domaines de la vie sociale et économique, et dans tous les pays à tous les stades de développement », précise cette étude présentée en amont du Women’s Forum qui se tient à Paris.


Postes difficiles et précaires

Dans les pays de l’OCDE, les jeunes femmes étudient désormais plus longtemps que les jeunes hommes, mais elles sont encore bien moins susceptibles d’étudier dans les domaines lucratifs des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM).

D’ailleurs, les emplois occupés par les femmes sont souvent de moindre qualité, offrent une protection sociale limitée et sont synonymes de précarité, ajoute le rapport. Elles sont par exemple sous-représentées aux postes de direction dans le secteur public et politique, occupant notamment en moyenne un tiers des sièges dans les parlements des pays de l’OCDE.

« Aucun pays au monde n’a réussi à instaurer la parité. Même les pays les plus égalitaires continuent d’enregistrer des décalages inquiétants entre hommes et femmes [et entre les garçons et les filles]. Ces inégalités constituent non seulement un échec sur le plan moral, mais aussi un obstacle majeur à une croissance économique inclusive », prévient l’Organisation.

Ainsi, les femmes réalisent encore l’essentiel des tâches domestiques et de la prise en charge des enfants. Dans l’OCDE, c’est en Corée du Sud, au Japon, au Mexique, au Portugal, en Turquie et en Italie qu’elles prennent la plus grande part de ce travail non rémunéré, plus de 75 %. « L’engagement des pères dans la prise en charge des enfants est essentiel pour s’assurer que les mères aient la possibilité de participer pleinement au marché du travail, à la société et à l’économie », prône notamment le rapport.

Selon l’OCDE, plus de la moitié des pays de sa zone proposent un congé de paternité rémunéré de plusieurs jours au minimum, et ils sont de plus en plus nombreux à réserver une partie du congé parental aux pères uniquement, deux mesures qualifiées de cruciales.