Les régimes de retraite se portent bien

Le niveau de solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées a une nouvelle fois augmenté au troisième trimestre. 
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Le niveau de solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées a une nouvelle fois augmenté au troisième trimestre. 

La santé financière des régimes de retraite s’est améliorée de nouveau, les rendements étant au rendez-vous dans nombre de catégories d’actif. Des risques se profilent toutefois à l’horizon, pointent les promoteurs. 

La santé financière des régimes de retraite s’est améliorée de nouveau, les rendements étant au rendez-vous dans nombre de catégories d’actif. Des risques se profilent toutefois à l’horizon.

Le niveau de solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées a une nouvelle fois augmenté au troisième trimestre. L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, qui illustre le degré de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique, s’établissait à 106 % au 29 septembre, par rapport à 102 % au début de l’année et à 103 % à la fin du deuxième trimestre. Les trois premiers trimestres ont été positifs, la capitalisation de la plupart des régimes de retraite ayant progressé d’environ 15 points de pourcentage par rapport à la même période l’an dernier, a fait ressortir le cabinet.

Le plus récent trimestre a été marqué par l’impact positif sur le passif d’une hausse de 30 points de base des taux d’intérêt de long terme et par celui sur l’actif d’une hausse des cours boursiers persistante. « La hausse des taux d’intérêt aura réduit les passifs de 3 % à 5 % au cours du trimestre. Un régime type couvre environ 40 % de son risque lié aux taux d’intérêt grâce à sa stratégie de placement », explique Mercer.

En Bourse, les actions canadiennes ont offert du 3,7 % au troisième trimestre, du 4,4 % depuis le début de l’année. Morningstar a relevé que la catégorie Actions énergétiques a enregistré le deuxième résultat parmi les fonds d’investissement au troisième trimestre, avec une hausse de 6,8 %.

Les marchés ont été plus « payants » hors Canada, une performance amputée toutefois par l’appréciation du dollar canadien par rapport à sa contrepartie américaine et, dans une moindre mesure, par rapport à la livre sterling et à l’euro. « La vigueur du dollar canadien a entraîné une disparité importante dans l’état de capitalisation des régimes de retraite selon leur stratégie de couverture des devises », indique le cabinet.

Les gains ont été plus musclés sur les marchés émergents, avec une poussée de 4 % (en dollars canadiens) de l’indice représentatif au troisième trimestre, de 19,5 % depuis le début de l’année. À l’opposé, les pressions à la hausse sur les taux d’intérêt ont généré un rendement négatif de 1,8 % dans l’univers des obligations canadiennes, ramenant la progression des neuf premiers mois à 0,5 %. Morningstar l’a également observé. Au troisième trimestre, 15 indices de fonds d’investissement sur 44 se sont repliés, les pertes les plus importantes ayant été enregistrées dans le segment des revenus fixes.
 

 

Tensions et surévaluation

« L’amorce assez soudaine d’un resserrement monétaire au Canada a entraîné un recul de 2 % du marché obligataire canadien au troisième trimestre. Ce resserrement monétaire a aussi fait bondir le dollar canadien de 4 % depuis la fin de juin, effaçant ainsi l’essentiel de la progression trimestrielle du S&P 500 pour un investisseur canadien exposé aux mouvements des devises », a écrit Mathieu D’Anjou, économiste principal au Mouvement Desjardins.

Pour la suite des choses, « les promoteurs de régimes restent préoccupés par les risques qui se profilent à l’horizon. Les marchés boursiers sont en hausse depuis plus de huit ans, et de nombreux observateurs considèrent qu’ils sont actuellement surévalués. De plus, les tensions géopolitiques ont augmenté au troisième trimestre et ont alimenté l’incertitude sur les marchés », commente Mercer. Et Mathieu D’Anjou d’ajouter : « Les difficultés du marché obligataire risquent de se poursuivre dans un contexte où la normalisation graduelle des politiques monétaires devrait se poursuivre en Amérique du Nord et s’étendre progressivement à d’autres pays. »


 
1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 4 octobre 2017 19 h 58

    Vive la confiance.

    Les marchés continuent de créer du cash. Les régimes de retraite s'en portent bien et les retraités en profitent. Dommage pour les jeunes qui n'ont ni retraite ni emploi. Cette situation est injuste et deviendra dangereuse.