Les salaires augmentent plus faiblement qu’avant la crise, selon un rapport du FMI

Le Fonds monétaire international pointe également la part croissante du recours aux contrats à durée déterminée et une réduction du nombre d’heures travaillées par employé.
Photo: Eric Cabanis Agence France-Presse Le Fonds monétaire international pointe également la part croissante du recours aux contrats à durée déterminée et une réduction du nombre d’heures travaillées par employé.

Washington — La progression des salaires dans la plupart des économies avancées reste sensiblement inférieure à ce qu’elle était avant la récession de 2008-2009, selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI), qui dénonce le recours au temps partiel.

« C’est le cas y compris pour les pays où le taux de chômage est désormais au même niveau, voire inférieur, aux taux moyens enregistrés dans les années précédant la récession », constate l’organisme dans ce rapport publié mercredi en prélude de son assemblée annuelle en octobre.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte de recours au temps partiel non désiré, d’une faible productivité et d’attentes d’une inflation basse. Le travail à temps partiel non désiré se définit par un emploi de moins de 30 heures hebdomadaires bien que les employés souhaitent travailler davantage.

Aux États-Unis, le recours à ce temps partiel est ainsi passé de 0,8 % en 2007 à 1,3 % en 2016. Dans le même temps, il a atteint 3,9 % au Royaume-Uni contre 2,4 %. En France, il a même bondi à 7,8 % comparativement à 5,3 %. « Alors que le temps partiel non voulu aurait davantage pu soutenir l’emploi […], il apparaît qu’il a affaibli la croissance des salaires », observe le FMI. Il pointe également la part croissante du recours aux contrats à durée déterminée et une réduction du nombre d’heures travaillées par employé, en particulier parmi les personnes qui ont un niveau de compétence faible ou moyen.

Les changements technologiques et les rigidités dans certains pays découragent par ailleurs les entreprises de recruter à temps plein. « L’emploi à temps partiel non désiré s’est accru davantage là où les attentes de croissance à moyen terme ont le plus diminué, où l’automatisation a progressé le plus rapidement et où le poids des services dans l’économie s’est accru », ajoute-t-il.

Le Fonds précise que, dans les pays « où le taux de chômage est inférieur à son taux moyen d’avant la crise, la faible augmentation de la productivité pèse le plus — environ aux deux tiers — sur le ralentissement de la progression nominale des salaires depuis 2007 ». À l’inverse, la croissance de la productivité a relativement moins d’impact sur les salaires dans les pays où le chômage est resté élevé.

Le Fonds monétaire international invite en conséquence les politiques à s’attaquer au problème des travailleurs à temps partiel en renforçant par exemple l’éducation secondaire et supérieure. Il préconise aussi d’élargir le salaire minimum aux travailleurs à temps partiel, de leur offrir une paie annualisée au prorata, des congés de maladie et familiaux pour plus de parité avec les employés à temps plein. Enfin, il suggère de leur proposer des formations pour maintenir leur niveau de compétences.