La croissance du PIB du Québec tient le rythme

«Les consommateurs ont continué d’afficher une belle vigueur alors que les solides gains sur le marché du travail se traduisent par une hausse des revenus», a analysé l’économiste de la Banque Nationale Matthieu Arsenau.
Photo: Chris Young La Presse canadienne «Les consommateurs ont continué d’afficher une belle vigueur alors que les solides gains sur le marché du travail se traduisent par une hausse des revenus», a analysé l’économiste de la Banque Nationale Matthieu Arsenau.

La croissance du PIB du Québec tient son rythme accéléré au deuxième trimestre, malgré une forte révision à la baisse de la performance du trimestre précédent. L’année devrait se terminer autour des 2,4 %.

Le PIB québécois a augmenté de 0,6 % au deuxième trimestre, soit à un rythme annualisé de 2,5 %. À titre de comparaison, au Canada, le PIB a crû de 1,1 %, de 4,5 % en taux annualisé.

Au total, pour le premier semestre, la progression de l’économie québécoise se chiffre à 2,6 % par rapport au semestre correspondant de 2016, contre 3 % à l’échelle canadienne. Cette performance mesurée par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) renferme toutefois une forte révision à la baisse de la poussée au premier trimestre, la hausse annualisée de 4,3 % du PIB québécois annoncée alors étant ramenée à 2,8 %. « Nous devons réviser notre prévision de croissance pour 2017 de trois dixièmes à la baisse à 2,4 %, en raison de cette importante révision », a écrit Matthieu Arseneau, économiste à la Banque Nationale.

L’ISQ a souligné que la poussée du deuxième trimestre s’appuie sur une progression de 0,5 % de la demande intérieure finale pour une huitième hausse d’affilée, soit sa plus longue séquence depuis 2007. Elle est nourrie par l’augmentation des dépenses de consommation des ménages (+ 0,8 %) et des administrations publiques (+ 0,6 %). L’investissement des entreprises reste à la traîne, le seul gain ayant été comptabilisé dans l’acquisition de machines et de matériel.

Pour leur part, les exportations ont augmenté de 3,9 % et les importations, de 3,5 %, « le solde déficitaire du commerce extérieur variant peu par rapport au premier trimestre », souligne l’ISQ.

« Les consommateurs ont continué d’afficher une belle vigueur alors que les solides gains sur le marché du travail se traduisent par une hausse des revenus dans un contexte où la facture énergétique et le fardeau de la dette restent bas », ajoute l’économiste de la Nationale.

Son homologue au Mouvement Desjardins, Hélène Bégin, met également en exergue la contribution des ménages. « Les revenus des ménages après impôts ont affiché une forte croissance annualisée de 4,2 % en termes réels », l’augmentation avoisinant 4 % depuis maintenant un an. « Avec des salaires qui augmentent plus vite (+2 %) que le taux d’inflation, autour de 1 %, les ménages disposent d’une plus grande marge de manoeuvre. »