Québec prolonge le projet pilote d’Uber et resserre certaines conditions

Les changements apportés au projet pilote, qui devait se terminer le 14 octobre 2017, ont fait bondir Uber Québec. L’entreprise a évoqué sur Twitter une «nouvelle réglementation rétrograde qui favorise les anciennes politiques plutôt que d’intégrer les avantages des nouvelles technologies».
Photo: iStock Les changements apportés au projet pilote, qui devait se terminer le 14 octobre 2017, ont fait bondir Uber Québec. L’entreprise a évoqué sur Twitter une «nouvelle réglementation rétrograde qui favorise les anciennes politiques plutôt que d’intégrer les avantages des nouvelles technologies».

Le projet pilote d’un an mis en oeuvre par Québec pour encadrer Uber en octobre 2016 sera reconduit jusqu’en octobre 2018, mais ses chauffeurs devront eux aussi subir des vérifications policières tout en suivant davantage d’heures de formation.

Au moment même où Londres a annoncé son intention de suspendre la licence d’Uber pour des raisons de sécurité (voir texte en page C 2), le ministre québécois des Transports a affirmé vendredi matin qu’il ne peut y avoir « deux standards sur la sécurité » entre l’industrie du taxi et Uber, qui pouvait jusqu’ici utiliser une firme privée pour vérifier les antécédents judiciaires.

Cela, a dit le ministre Laurent Lessard en conférence de presse à Québec, vise à « éviter qu’il y en ait qui passent à travers les mailles et puissent se retrouver à donner un service public sans qu’on ait pu capter le fait qu’ils ont des dossiers criminels ou qu’ils ont été sanctionnés ».

L’annonce fait partie de la « deuxième phase du processus de modernisation » de l’industrie, dont le fonctionnement a été secoué par l’apparition d’Uber. Les autres resserrements prévoient une inspection mécanique annuelle et l’interdiction d’installer un lanternon sur le toit. Au chapitre de la formation, les chauffeurs d’Uber devront désormais en obtenir 35 heures, comme le reste de l’industrie, plutôt que 20.

Uber se dit menacée

Les changements apportés au projet pilote, qui devait se terminer le 14 octobre 2017, ont fait bondir Uber Québec. L’entreprise a évoqué sur Twitter une « nouvelle réglementation rétrograde qui favorise les anciennes politiques plutôt que d’intégrer les avantages des nouvelles technologies ».

« Nos équipes étudieront les changements demandés, mais nous pouvons déjà affirmer qu’à première vue, nos opérations sont fortement menacées »,livre le porte-parole d’Uber Québec, Jean-Christophe de Le Rue. Il n’a offert aucun détail sur ce que cela signifie.

Le ministre Lessard a également publié vendredi le rapport du Comité sur la modernisation de l’industrie du transport par taxi, qui a travaillé sur un certain nombre de pistes portant sur l’aide à la modernisation, les conditions économiques des chauffeurs et propriétaires et la gestion de l’offre.

Les travaux du Comité ont été marqués en juin par le départ de deux groupes, soit le RTAM-Métallos et le Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi, dont le porte-parole est Guy Chevrette.

Dans son rapport, le Comité recommande entre autres de bonifier l’aide à la modernisation, notamment pour les applications numériques, d’améliorer le transport adapté, de revoir la tarification et de s’assurer que les changements à la gestion de l’offre se fassent par étapes.

Sur le plan financier, le projet pilote aurait contribué à faire fondre de 38,6 % la valeur des permis de taxi délivrés par rapport à la période pré-Uber, a estimé l’industrie dans le rapport. À Montréal, ils sont passés de 192 694 $ à 118 375 $ entre janvier 2014 et juin 2017.

« La décision du gouvernement du Québec d’accorder l’an dernier un projet pilote à Uber a fait perdre l’équivalent de 332 millions aux chauffeurs et propriétaires de taxi et de limousine du Québec,s’est indigné le RTAM-Métallos. Notre prétention est que le projet pilote d’Uber demeure illégal, et c’est pourquoi nous avons porté notre cause devant les tribunaux. »

Une « table de soutien à l’industrie » verra le jour pour évaluer les conséquences financières, a dit M. Lessard, et « trouver les moyens appropriés pour diminuer les impacts qu’ont subis les propriétaires de taxi ». Cette table inclura les ministères des Finances et des Transports, de même que l’industrie. Cette année, l’industrie recevra environ 12 millions pour procéder à sa modernisation, soit 5 millions d’une enveloppe déjà prévue à cet effet et 7 millions des sommes provenant du projet pilote.

3 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 22 septembre 2017 15 h 36

    Quand on y tient, on ne lâche pas.

    Wn Grande-Bretagne, pour des raisons de sécurité, UBER n'a plus sa place dans le transport par autos privées avec des chauffeurs sélectionnés sur des critères différents de ceux au sein des entreprises existantes.

    Ici, on veut les former d'avantage.

    Quand on tient à faire concurrence à des entreprises collectives ou privées qui paient des sommes élevées pour pouvoir oeuvrer sur des territoires délimités, il faut un minimum de crédibilité. Mais pas plus. C'est ce dants quoi le Ministre du PLQ entend s'investir.

    Ce faisant, il poursuit ses ententes avec UBER un an de plus, probablement pour les votes des chauffeurs qui y sont associés, ce qui n'a rien à voir avec des exigences de sécurité.

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 22 septembre 2017 19 h 11

    Bye bye

    Avec UBER, c'est deux poids, deux mesures. On devrait faire comme en GB et leur dire bye-bye!

  • Nadia Alexan - Abonnée 22 septembre 2017 23 h 55

    Un retour du Capitalisme sauvage et de l'indivisualsime débridé!

    Voici l'uberisation de la société. Un retour du Capitalisme sauvage et de l'individualisme débridé qui n'a rein avoir avec l'économie du partage. Voici quelques raisons qui ont amené l'autorité londonienne d'interdire Uber: «TfL reproche en particulier à Uber son laxisme dans la dénonciation de crimes dont ses chauffeurs seraient témoins et des failles dans les contrôles des casiers judiciaires de ses conducteurs. L’autorité reproche aussi à Uber d’utiliser un logiciel permettant aux chauffeurs d’éviter de se faire repérer par les autorités dans les zones où ils n’ont pas le droit d’opérer, et de fournir des certificats médicaux non fiables.
    J'ajouterais d'autres raisons: les chauffeurs ne sont pas bien payés et ils n'ont pas de bénéfices sociaux comme une pension et des journées de maladies payées. De plus, cette multinationale n'a pas une bonne réputation quand il s'agit de payer sa juste part d'impôt ni de s'assurer de la sécurité de ses véhicules.
    De plus, «Uber a eu maille à partir avec de nombreuses autorités dans le monde, dont la France où elle a écopé de plusieurs amendes. Elle avait été brièvement bannie des rues de New Delhi après un viol commis par un de ses chauffeurs et a été dernièrement interdite d’exploité en Hongrie et au Danemark en vertu de nouvelles lois.»
    J'espère que le Gouvernement Couillard va s'en servir de tous ces exemples pour ne pas renouveler le permis d'Uber au Québec.