Air Canada à la recherche d’un partenaire pour son programme de fidélisation

Le nouveau programme de fidélisation permettra aux clients — particulièrement à ceux qui voyagent souvent — d'obtenir et d'échanger des points avec plus de flexibilité, croit le président des lignes aériennes chez Air Canada, Ben Smith.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le nouveau programme de fidélisation permettra aux clients — particulièrement à ceux qui voyagent souvent — d'obtenir et d'échanger des points avec plus de flexibilité, croit le président des lignes aériennes chez Air Canada, Ben Smith.

Air Canada est à la recherche d’un partenaire de carte de crédit pour son nouveau programme de fidélisation qui, espère-t-il, lui permettra d’améliorer sa relation avec les passagers et de faire croître ses profits.

Le transporteur aérien montréalais a dit avoir invité des institutions financières à lui soumettre des propositions pour s’allier à lui dans le nouveau programme, qui devrait être lancé le 1er juillet 2020. Air Canada a annoncé en mai qu’il n’avait pas l’intention de renouveler son partenariat de plus de 30 ans avec la société mère d’Aéroplan, Aimia, à la fin du contrat actuel. Cependant, il veut bien continuer à offrir ses vols en échange de points Aéroplan, comme il le fait pour d’autres programmes de fidélisation.

En exploitant son propre programme de fidélisation, Air Canada s’attend à faire passer la valeur nette de celui-ci de 2 à 2,5 milliards sur 15 ans. À l’occasion d’une journée des investisseurs qui se tenait à Toronto, le chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, a indiqué aux analystes que sa décision était semblable à celles prises par d’autres transporteurs qui ont choisi d’avoir leur propre programme de fidélisation. Aéroplan était originalement une division d’Air Canada.

Puisque les récompenses les plus populaires sont les vols internationaux, Air Canada a estimé qu’il pouvait donner aux membres de son programme ce qu’ils désirent grâce à son réseau mondial. « Cela fait de nous un partenaire hautement désirable », a noté M. Rovinescu.

David Tyerman, analyste chez Cormarck Securities, s’attend à ce que la plupart des banques présentent une proposition puisque le programme d’Air Canada constitue une occasion d’affaires enviable. La Banque TD a repris, il y a quelques années, le contrat d’émetteur des principales cartes de crédit d’Aéroplan des mains de la Banque CIBC. De son côté, la Banque Royale est le partenaire de cartes de crédit comarquées du transporteur WestJet.

Selon le président des lignes aériennes chez Air Canada, Ben Smith, le nouveau programme de fidélisation permettra aux clients — particulièrement à ceux qui voyagent souvent — d’obtenir et d’échanger des points avec plus de flexibilité. « Nous nous engageons à nous concentrer sur les clients d’Air Canada à chaque étape, ce qui nous mènera à un programme de fidélisation conçu en nous inspirant d’eux », a-t-il expliqué.

Nouvelles cibles financières

Air Canada a en outre dévoilé mardi de nouvelles cibles financières pour la période de 2018 à 2020, incluant la réalisation de flux de trésorerie disponibles cumulatifs de 2 à 3 milliards. « Après plusieurs années de résultats records, nous avons bon espoir d’être sur la bonne voie pour devenir une entreprise à rentabilité soutenue avec une structure de coûts améliorée, un ratio d’endettement amélioré, de solides flux de trésorerie disponibles et de très bonnes perspectives pour l’avenir », a affirmé M. Rovinescu. Le chef de la direction a aussi évoqué la croissance de 3000 % du cours de l’action d’Air Canada depuis le début 2009.

Le plus grand actionnaire d’Air Canada, Peter Letko, s’est réjoui des nouvelles cibles, mais a aussi demandé si la mise en place d’un dividende avait été envisagée. M. Rovinescu a dit préférer se concentrer, du moins initialement, sur la réduction de la dette et le rachat d’actions.

Le transporteur affirme que la conclusion d’un accord révisé à long terme avec ses pilotes lui permettra d’augmenter la taille de la flotte de sa ligne à bas prix Rouge sur son réseau de vols régionaux, au besoin, pour faire concurrence aux concurrents à très faibles coûts. Canada Jetlines et WestJet ont l’intention de se lancer sur ce marché en faisant appel aux services d’aéroports secondaires. « Nous pouvons maintenant pleinement optimiser Rouge en tant qu’outil stratégique. Nous en avons besoin pour nous attaquer aux menaces de la concurrence [des transporteurs] à bas prix que nous observons dans l’industrie », a ajouté M. Smith.