Toys «R» Us demande la protection de la cour contre ses créanciers au Canada

Les 82 magasins au Canada, ainsi que le site Internet, continueront d’être exploités pendant la restructuration.
Photo: Don Emmert Agence France-Presse Les 82 magasins au Canada, ainsi que le site Internet, continueront d’être exploités pendant la restructuration.

Toronto — Toys « R » Us a entamé mardi une procédure pour se protéger de ses créanciers au Canada, moins de 24 heures après avoir fait de même aux États-Unis.

La branche canadienne du détaillant de jouets a dit avoir fait sa demande auprès de la Cour supérieure de justice de l’Ontario, à Toronto.

Les 82 magasins de Toys « R » Us au Canada, ainsi que son site Internet, continueront d’être exploités pendant la procédure de restructuration en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

« Cette restructuration vise à soutenir le succès à long terme de nos marques emblématiques ; à établir une compagnie plus forte pour nos clients, nos partenaires commerciaux et nos membres d’équipe », a déclaré dans un communiqué la présidente de Toys « R » Us Canada, Melanie Teed-Murch.

Cette décision survient à l’approche de la saison des Fêtes, une période cruciale pour la santé financière des détaillants.

La société dit avoir obtenu des engagements financiers qui lui permettront d’assurer la poursuite de ses activités normales pendant les procédures. Les cartes-cadeaux, les garanties et les retours seront honorés « comme à l’habitude », a-t-elle précisé dans le communiqué.

« Nous sommes sûrs que ce processus nous permettra d’exploiter les forces déjà en place chez Toys « R » Us pour nous mener au succès. »

 

Aux États-Unis

Les représentants de Toys « R » Us se sont présentés tard lundi devant un tribunal de Richmond, en Virginie, pour invoquer le chapitre 11 de la loi américaine sur la faillite devant le tribunal des faillites.

La compagnie dit avoir obtenu un financement de 3 milliards $US afin de maintenir les activités de la grande majorité de ses quelque 1600 magasins Toys « R » Us et Babies « R » Us à travers le monde.

Toys « R » Us entend mettre en place une restructuration de sa dette à long terme de quelque 5 milliards et établir un plan financier qui permettra la croissance de ses activités.

Ce placement sous la protection du chapitre 11 de la première chaîne américaine de jouets est le plus important jamais effectué par un distributeur spécialisé. Il intervient alors que Toys « R » Us, ses 1600 magasins et 64 000 employés lancent les préparatifs de la saison de Noël, période cruciale pour le groupe, rappellent les analystes cités par l’agence Reuters. Avec des actifs estimés à 6,9 milliards, la procédure de mise en faillite de Toys « R » Us est la deuxième en importance dans le secteur du commerce de détail aux États-Unis après celle en 2002 du distributeur généraliste Kmart, dont les actifs se montaient à 14,6 milliards, selon la firme de recherche Bankruptcydata.com.

« Nous espérons que les contraintes financières qui nous ont freinés seront réglées de manière durable et efficace, a déclaré le directeur général, Dave Brandon, dans un communiqué. Notre objectif est de travailler avec nos détenteurs d’obligations et autres créanciers pour restructurer notre dette de long terme de 5 milliards et notre bilan. »

Les fonds d’investissement KKR et Bain Capital, en partenariat avec la société immobilière Vornado Realty Trust, avaient racheté Toys « R » Us en 2005 pour 6,6 milliards, sortant alors le groupe de la cote. Mais l’opération s’était traduite par un lourd endettement qui a réduit les marges de manoeuvre du groupe et freiné son développement.

Toujours selon Reuters, Toys « R » Us est le deuxième vendeur de jouets aux États-Unis après Amazon, selon le consultant Kloster Trading. « Il a pour lui d’être le dernier grand acteur sur son marché », estime David Berliner, associé chez BDO Consulting et spécialiste des restructurations. « Les fournisseurs ne veulent surtout pas qu’il disparaisse, alors je pense qu’il a une bonne chance de s’en sortir. » La décision de recourir au chapitre 11 « ne signifie pas forcément « game over » pour Toys « R » Us, mais elle met fin à un chapitre difficile de l’histoire du groupe », ajoute Neil Saunders, directeur général de GlobalData Retail.

Toys « R » Us représente environ 10 % des ventes de Mattel et Hasbro, et compte parmi leurs trois principaux clients, avec Wal-Mart et Target. « Mattel et Hasbro se retrouvent dans le même bateau en quant aux stocks destinés à Toys « R » Us, mais une procédure de faillite de Toys serait surtout préjudiciable pour Mattel, dont les efforts de redressement pourraient être retardés », commente Jaime Katz, analyste chez Morningstar.

1 commentaire
  • Danielle Brossard - Abonnée 20 septembre 2017 12 h 56

    Je ne braillerai pas sur le sort de Toys«R»Us.

    La grosse majorité des jouets n’étaient pas au service des enfants mais plutôt les enfants au service de Toys«R»Us. Des jouets à la tonne oui, mais des bébelles clinquantes et bruyantes qui fonctionnaient en grosse majorité à batteries. Aucune place pour la créativité des enfants qui n’avaient qu’à pousser sur un bouton pour actionner le jouet qui jouait à leur place. Tout ce qui leur restait à faire était de contempler toutes les prouesses et les arabesques du jouet remisé aux oubliettes après une heure et aussi vite revendu au marché aux puces. Toutes les petites boutiques de jouets spécialisées dans les jeux éducatifs, qui vous offraient en plus un service personnalisé, ont fermé leur porte les unes après les autres avec l’arrivée de ce géant.