Corruption: la directrice du FMI appelle à une meilleure quantification du phénomène

Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international

Washington — De plus en plus de pays membres du Fonds monétaire international (FMI) s’accordent à dire que la corruption est un problème macroéconomique sérieux dans de nombreux pays. C’est ce qu’a déclaré la directrice de l’institution, Christine Lagarde, appelant du même souffle à une meilleure quantification du phénomène.

« Il est clair que la corruption systématique compromet la capacité des États à générer de la croissance et à sortir la population de la pauvreté », a déclaré Mme Lagarde, lors d’un discours devant la Brookings Institution à Washington, aux États-Unis.

« C’est une force corrosive qui nuit à la vitalité des entreprises et freine le potentiel économique », a-t-elle ajouté.

À eux seuls, les pots-de-vin versés chaque année sur le globe totalisent entre 1500 à 2000 milliards de dollars, soit environ 2 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Les 189 pays membres du FMI pourraient tirer profit d’une meilleure appréciation de l’impact économique de la corruption.

« Pour ce faire, de nouvelles méthodologies sont nécessaires pour mieux quantifier et analyser le problème », a-t-elle ajouté.

Mme Lagarde a toutefois reconnu que, dans la mesure où la corruption est souvent cachée, les nouvelles politiques peuvent prendre des années avant d’être efficaces.

Bien que certains gouvernements envisagent la corruption comme un problème politique et non économique, « ce n’est pas une raison pour ne pas aller de l’avant », a-t-elle enfin ajouté.