Le pouvoir d’achat des couples au Québec est plus élevé qu’en Ontario

Le Québec arrive avant-dernier avec un revenu médian de 59 822$, en hausse de 8,9% depuis 2005.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Québec arrive avant-dernier avec un revenu médian de 59 822$, en hausse de 8,9% depuis 2005.

Réagissant à la publication des données sur le revenu médian des ménages plaçant le Québec en queue de peloton, l’économiste Pierre Fortin rappelle qu’une fois le coût de la vie pris en compte, un couple québécois affiche un pouvoir d’achat supérieur de 5 % à celui d’un couple ontarien.

Les données de Statistique Canada faisaient toujours jaser jeudi. La veille, l’agence fédérale soulignait que le revenu total médian des Canadiens avait augmenté de 10,8 % sur dix ans pour se situer à 70 336 $ en 2015. Le Québec arrivait avant-dernier avec un revenu médian de 59 822 $, en hausse de 8,9 % depuis 2005, dépassant de peu celui du Nouveau-Brunswick. L’Ontario a fait pire en ce qui a trait au taux de croissance, avec un maigre 3,8 %, le revenu médian demeurant tout de même au-dessus de la moyenne canadienne, à 74 287 $.

Dans l’analyse des données et l’explication des écarts, il ressortait un découplage pétrole-manufacturier, taille et vieillissement de la population venant nuancer la lecture mathématique. Un écart qui s’amenuise, voire qui tend à disparaître lorsque l’on ajoute à l’équation le pouvoir d’achat et les services tels le programme de garderies. Cela vaut pour la comparaison Québec-Ontario.

5 %
C’est le pourcentage de pouvoir d’achat de plus que possède un couple québécois avec enfants détenant un revenu médian de 105 000$ par rapport à un couple de l’Ontario ayant un revenu de 114 000 $.

L’économiste Pierre Fortin, professeur émérite à l’UQAM, a rappelé, dans un courriel, que la configuration des ménages jouait également dans la balance. L’Ontario abrite davantage de ménages composés de couples que de personnes seules. C’est l’inverse au Québec, les familles monoparentales et les personnes vivant seules étant en hausse, et plus nombreuses qu’en Ontario. Les familles de recensement retenues par Statistique Canada comprennent les familles comptant un couple, avec ou sans enfants, et les familles monoparentales.

« Cela explique en partie les chiffres très bas pour le revenu médian de l’ensemble des ménages privés, officiellement 74 000 $ en Ontario et 60 000 $ au Québec », écrit Pierre Fortin.

L’économiste compare les revenus médians des couples avec enfants. « Il est de 114 000 $ en Ontario et de 105 000 $ au Québec. Cependant, le coût de la vie en Ontario est supérieur de 14 % à celui du Québec. Par conséquent, avec un revenu de 105 000 $, le couple médian du Québec détient un pouvoir d’achat équivalant à un revenu de 120 000 $ en Ontario », soit 5 % de plus. « Contrairement aux apparences, le vrai niveau de vie [pouvoir d’achat] est plus élevé pour le couple médian du Québec que pour celui de l’Ontario », ajoute-t-il.

Statistique Canada faisait également ressortir que 17 % des enfants de 17 ans et moins vivaient dans la pauvreté au Canada, une proportion qui diminue depuis les années 1990. Dans ce segment, le Québec affiche le taux de pauvreté le plus bas après l’Alberta (12,8 %), avec 14,3 % d’enfants québécois qui vivent dans des ménages à faible revenu. Ce phénomène s’explique par le faible coût des garderies et par les prestations pour enfant plus élevées au Québec que dans le reste du pays, pouvait-on lire dans un texte de La Presse canadienne.

Ce taux atteint 14,7 % chez les adultes canadiens, 14,5 % chez les Canadiens âgés de 65 ans et plus, contre 12 % en 2005 dans ce dernier cas.

3 commentaires
  • Marie-Josée Gagné - Inscrit 15 septembre 2017 03 h 29

    Une précision digne de mention

    Encore une fois, Pierre Fortin vient replacer les données dans une perspective actualisée.
    Le non rajeunissement des statistiques ancrées sur des indicateurs d'hier, laisse croire que le Québec est à la traine.
    Et si c'était le contraire.
    Le Québec est un des meilleurs endroits, pas seulement pour élever une famille mais aussi pour y vivre et développer son potentiel.
    Mais, il y en a encore beaucoup de gens qui tente de nous faire croire que ce sont les ressources naturelles qui permettent de meilleurs salaires et une meilleure qualité de vie.
    L'avenir démontrera que c'est le développement des talents tout au cours d'une vie qui procure ces bénéfices.

  • Bernard Terreault - Abonné 15 septembre 2017 09 h 35

    À prendre avec un grain de sel

    À l'aide de statistiques on peut prouver n'importe quoi et son contraire. En lisant la nouvelle d'hier, je me demandais comment on y définissait précisément un "ménage". Je comprends qu'en comparant ce qu'un couple gagne à eux deux en Ontario à ce qu'un(e) célibataire gagne au Québec, le couple sorte gagnant! De même si on compare le revenu d'un travailleur torontois de 50 ans à celui d'un retraité montréalais de 75 ans. On devrait donc comparer les revenus des INDIVIDUS d'un même groupe d'âge pour comparer les richesses de diverses régions.

  • René Pigeon - Abonné 15 septembre 2017 19 h 56

    Pourquoi Statistiques Canada ne publie pas les données...

    de revenus en meme temps que les données corrigées du pouvoir d'achat ?
    Il y a longtemps que Statistiques Canada a appris à publier des taux de chomage désaisonnalisés alors pourquoi des données brutes plutot que des données ajustées ou les deux ?
    Comme lecteur non spécialisé, je ne veux pas perdre mon temps à me faire une idée et à la défaire le lendemain. Les lecteurs hors Québec ou hors Devoir n'apprendront rien à propos de cette correction.