Ouragan «Irma»: Transat attend de voir les dommages

La compagnie a par ailleurs presque triplé ses profits au cours du trimestre d’été.
Photo: Air Transat La compagnie a par ailleurs presque triplé ses profits au cours du trimestre d’été.

À l’instar des autres compagnies aériennes, qui évacuent leurs clients des endroits se trouvant dans la trajectoire d’Irma, le voyagiste Transat A.T. affirme qu’il est trop tôt pour dire si l’ouragan pourrait limiter les options des voyageurs qui prévoient de se rendre dans des destinations soleil cet hiver.

« Nous avons peu de détails en ce qui a trait à l’impact des ouragans pour le reste de la saison ainsi que pour l’hiver », a expliqué jeudi le chef de la direction financière de Transat A.T., Denis Pétrin, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre. À l’instar de Sunwing, d’Air Canada et de WestJet, l’exploitant du transporteur Air Transat a déployé plusieurs avions afin de rapatrier ses clients.

La République dominicaine, Cuba ainsi que certaines parties des Antilles représentent près de 60 % de la capacité du voyagiste québécois vers les destinations soleil. Jusqu’à présent, Transat dit tenter d’aider ses clients qui prévoyaient de se rendre dans les endroits frappés par Irma. Le voyagiste leur propose par exemple d’autres destinations ou un crédit afin de voyager plus tard dans l’année.

Selon le président et chef de la direction de l’entreprise, Jean-Marc Eustache, l’impact financier découlant d’Irma ne devrait pas être important. La facture pourrait toutefois être plus salée si d’autres ouragans continuent à se former. Il a toutefois rappelé aux analystes que la saison des ouragans avait été difficile il y a cinq ans, mais qu’au bout du compte, l’impact avait été limité pour les voyageurs.

Un meilleur été

Par ailleurs, Transat a presque triplé ses profits au cours du trimestre d’été. Le voyagiste — qui avait signalé en août que ses résultats seraient meilleurs que prévu — a engrangé un bénéfice net de 26,6 millions, ou 72 ¢ par action, au troisième trimestre clos le 31 juillet 2017, par rapport à 9,4 millions, ou 26 ¢ par action, à la même période il y a un an. Ses revenus ont progressé de 10,5 %, à 733,2 millions. L’entreprise a expliqué que son chiffre d’affaires avait été stimulé par une hausse de 8,7 % du nombre de voyageurs sur les liaisons transatlantiques — son principal marché au troisième trimestre.

Après neuf mois, la perte nette est de 13,8 millions, ou 37 ¢ par action, contre une perte de 76,7 millions, ou de 2,08 $ l’action, au cours de la période correspondante de 2016. Les revenus sont demeurés quasi inchangés, à 2,3 milliards.

Transat a toutefois prévenu que ses prévisions pour le quatrième trimestre pourraient être affectées par les prix plus élevés du carburant, la fluctuation des devises et les tempêtes qui frappent la région des Antilles. En excluant l’impact de ces événements météorologiques, Transat prévoit que son résultat d’exploitation ajusté du quatrième trimestre devrait être similaire à celui de l’an dernier, soit d’environ 70,8 millions. Ce bénéfice d’exploitation est de 23,5 millions après neuf mois, contre une perte d’exploitation ajustée de 20,7 millions après neuf mois en 2016.

« Les perspectives du dollar canadien par rapport à la devise américaine […] sont nettement plus favorables », a souligné l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note. Puisque la majorité des dépenses de l’entreprise s’effectuent en dollars américains pendant l’hiver, la remontée du huard est de bon augure, estiment certains analystes.

Par ailleurs, M. Eustache a fait savoir que le projet visant à établir une chaîne hôtelière dans le Sud qui compterait quelque 5000 chambres d’ici 2024 pourrait représenter des investissements totalisant 1,2 milliard sur sept ans. Après des mois de réflexion, Transat avait décidé en juillet de vendre sa participation minoritaire dans Ocean Hotels — qui possède des établissements au Mexique et en République dominicaine, en plus d’en gérer quatre autres à Cuba — à son partenaire espagnol H10 pour 190 millions.